Maroc : quand des responsables publics louent des voitures de luxe à leurs proches
L’Inspection générale des finances (IGF) a ouvert une enquête approfondie sur la gestion de la flotte automobile de trois établissements publics. Les auditeurs examinent à la loupe des contrats de location de longue durée d’une valeur globale supérieure à 20 millions de dirhams, sur fond de soupçons de conflits d’intérêts et de favoritisme.
Les investigations se concentrent sur les conditions d’attribution de ces marchés, qui ont profité à un cercle restreint d’agences. Il s’agit de la location de plus de trente véhicules, dont près de la moitié relèvent de gammes de luxe, révèle Assabah. Les inspecteurs cherchent à déterminer si les règles de la concurrence ont été respectées, alors que des indices laissent penser que certains cadres de ces institutions auraient investi, via des proches, dans les sociétés de location pour récupérer ces contrats publics.
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Cette dérive s’appuie sur une tendance administrative récente privilégiant la location plutôt que l’acquisition, une option initialement encouragée pour réduire les coûts. Cependant, pour contourner les procédures strictes d’achat ou les appels d’offres publics, certaines institutions divisent les marchés en plusieurs petits lots, facilitant ainsi la signature d’accords directs avec des agences ciblées.
Les premières vérifications de l’IGF ont révélé des liens troublants. Deux entreprises ayant remporté quatre marchés appartiendraient à des individus liés par alliance aux responsables des établissements visés. De même, plusieurs contrats auraient été attribués à des membres de la famille d’un responsable public, suggérant un système d’échange de faveurs pour ne pas éveiller l’attention.
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Ces dysfonctionnements interviennent dans un contexte budgétaire tendu. Le parc automobile de l’État, en tenant compte des frais d’assurance et des salaires des chauffeurs, représente déjà une charge annuelle estimée à au moins 4 milliards de dirhams pour les finances publiques.