Location de voitures Maroc : croissance, difficultés et nouvelles règles
Le marché marocain de la location de voitures connaît un rebond encourageant grâce au retour massif des touristes. Toutefois, le secteur fait face à de nouveaux défis réglementaires. C’est le constat fait par Tarik Dbilij, président de la Fédération des loueurs automobiles sans chauffeur (FLASCAM), qui appelle à une refonte du cadre légal pour permettre une restructuration du secteur.
Le secteur de la location de voitures au Maroc se requinque après plusieurs années difficiles. « 2025 est une bonne année », se réjouit Tarik Dbilij. Le retour massif des touristes étrangers dans les villes touristiques du royaume profite à tous les professionnels du secteur. « En plus de la hausse de la demande émanant des visiteurs étrangers, nous constatons également une reprise marquée de la clientèle nationale », explique le président de la Fédération des loueurs automobiles sans chauffeur dans un entretien à Finances News Hebdo.
À lire : Location de voitures au Maroc : Nouvelles règles plus sévères
Mais le secteur reste confronté à de nouveaux défis liés aux contraintes réglementaires, fait-il observer. Le responsable n’a pas manqué d’exprimer ses inquiétudes quant au nouveau cahier des charges, censé assainir le secteur. « Ce nouveau cahier des charges n’a pas produit les effets attendus. Au contraire, il a freiné la création de nouvelles agences de location », déplore Tarik Dbilij, évoquant par ailleurs le non-respect des règles par certains loueurs qui « déclarent leur entreprise en cessation de paiement pour en ouvrir une nouvelle sous une autre appellation. »
Selon lui, ces professionnels « ne respectent ni leurs engagements vis-à-vis des banques, ni de l’administration fiscale, ni de leurs fournisseurs. Résultat, seuls 2 % des loueurs restent réellement actifs sur le marché automobile ». Face à cette situation qui pénalise les petites agences, le président de la FLASCAM appelle à une réforme pour réajuster le cadre légal et réglementaire. « Nous plaidons pour un nouveau cahier des charges qui intégrerait nos recommandations afin d’amorcer une véritable restructuration du secteur. Le ministère de tutelle demeure à l’écoute de nos observations », soutient-il.
En matière de mobilité durable, Tarik Dbilij note des avancées appréciables. « De plus en plus d’opérateurs intègrent des véhicules électriques ou hybrides dans leurs flottes. Au sein de la Flascam, nous défendons une mobilité sans émission de CO₂ », affirme-t-il. Plusieurs agences ont déjà installé des bornes de recharge. Mais pour accélérer cette transition, le secteur attend des mesures incitatives, tant au niveau réglementaire que fiscal. Mais si la tendance chez les entreprises est à la location, les particuliers restent attachés à la possession. « Au Maroc, la voiture reste un symbole de statut social et un capital ».
À lire : Maroc : mort programmée du secteur de la location de voitures
Les loueurs représentent 30 % des ventes globales de véhicules et jusqu’à 64 % pour certaines marques. « Leur poids est déterminant dans le secteur. D’ici la fin 2025, nous espérons atteindre un taux d’achat global de 55 % », projette le président de la FLASCAM. Concernant l’expansion des marques chinoises sur le marché, Tarik Dbilij estime qu’elles « apportent une réelle valeur ajoutée au marché marocain. Leur image dépend toutefois fortement du travail de leurs distributeurs. Le service après-vente constitue un élément différenciateur essentiel pour les clients, notamment en ce qui concerne la disponibilité des pièces de rechange et la compétitivité des prestations. »