Une fraude à grande échelle détectée par la douane marocaine
La Brigade nationale des douanes intensifie ses investigations sur un possible détournement d’exonérations fiscales lié au régime de l’admission temporaire. Des importations auraient échappé au contrôle a posteriori grâce à des sociétés fictives et des déclarations imprécises. Le port de Casablanca figure parmi les points clés de l’enquête.
Le stratagème consistait à importer des marchandises bénéficiant d’exonérations avant de les transférer illégalement vers des entrepôts clandestins. Selon des sources proches du dossier citées par Hespress, « ces entités ont rapidement disparu du champ de la surveillance exercée par le contrôle a posteriori » de l’administration des douanes. Les enquêteurs ont découvert que de nombreuses déclarations comportaient des adresses de stockage erronées, rendant les vérifications physiques presque impossibles pour les autorités.
À lire : Fraude douanière : la Douane réclame 3 milliards de dirhams aux importateurs de Chine et de Turquie
Les investigations se concentrent particulièrement sur le port de Casablanca, point d’entrée majeur pour ces cargaisons venues de Chine. Les sociétés incriminées cessaient généralement toute activité peu de temps après avoir réalisé quelques importations massives sans jamais enregistrer la moindre opération d’exportation. Face à ces constats, la Brigade nationale a lancé un inventaire exhaustif des transactions suspectes réalisées au cours des quatre dernières années pour identifier les véritables bénéficiaires de ces détournements.
À lire : Une fraude à grande échelle détectée par la douane marocaine
L’administration des douanes prévoit de transférer ces dossiers à la justice pour engager des poursuites pénales et récupérer les sommes dues au Trésor public. Deux sociétés basées à Casablanca sont actuellement dans le viseur des autorités pour avoir créé des entreprises au nom de tiers afin de masquer leurs activités. L’utilisation du système informatique « BADR » permet désormais de mieux cibler ces comportements grâce à des algorithmes d’analyse des risques de plus en plus performants.