Maroc : enquête sur des fraudes massives à l’importation
L’Office des changes a intensifié ses contrôles sur des centaines d’opérations suspectées de manipulation par des importateurs marocains. Ces manœuvres, portant sur plusieurs milliards de dirhams, visent à sous-évaluer des marchandises pour transférer illégalement des devises hors des circuits réglementaires.
Les investigations rapportées par Hespress montrent un système organisé de falsification de factures et de documents bancaires. En déclarant des valeurs d’importation largement inférieures aux prix réels du marché, notamment pour des biens provenant d’Asie, les opérateurs incriminés parviennent à réduire artificiellement leur charge fiscale et douanière.
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Plus de 27 importateurs majeurs basés à Casablanca, Tanger et Agadir sont actuellement dans le viseur de la « police du change ». Les autorités évaluent à environ 860 millions de dirhams les montants réglés via des circuits occultes, une pratique qui engendre un manque à gagner considérable pour le Trésor public.
Le réseau s’appuie sur un mécanisme de compensation informel entre le Maroc et la Chine. Des intermédiaires fournissent des yuans directement en Chine pour payer les fournisseurs, tandis que les importateurs marocains remboursent ces sommes en dirhams à des ressortissants chinois établis sur le territoire national, contournant ainsi le contrôle des changes.
Officiellement, seule une partie des montants dus est transférée via le système bancaire classique. Munis d’attestations bancaires basées sur des factures truquées, les importateurs présentent ces prix minorés aux guichets des douanes pour ne s’acquitter que d’une fraction des droits et taxes normalement applicables.
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Cette vaste opération d’audit s’appuie sur le croisement systématique des données de l’Administration des douanes et des dossiers de change domiciliés en banque. L’objectif des autorités est de vérifier la conformité de chaque transfert financier et de sanctionner les réseaux rompus à la manipulation des valeurs transactionnelles.