Maroc-Espagne : la guerre n’est pas là, mais la pression monte

- 19h00 - Espagne - Ecrit par : Nadia El A.

L’accélération de la modernisation militaire marocaine redessine l’équilibre régional. Si un conflit armé direct reste exclu, cette montée en puissance oblige l’Espagne à revoir d’urgence sa posture défensive et diplomatique face à une pression hybride croissante.

Le risque d’un affrontement classique est écarté, mais la menace mute considérablement. Fort de son influence régionale et de son alliance avec les États-Unis et Israël, le Maroc est accusé par la presse espagnole d’utiliser son nouveau poids capacitaire pour exercer des pressions multiples. Pour certains experts en stratégie, « la clé n’est pas la guerre ouverte, mais la pression hybride », un domaine où les flux migratoires, les négociations diplomatiques et les revendications territoriales deviennent de redoutables leviers face à Madrid.

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Depuis deux décennies, Rabat investit massivement pour combler son retard. Ce processus d’envergure, pensé initialement pour concurrencer l’Algérie, inclut l’acquisition de chasseurs F-16 modernisés, de drones d’attaque MALE, d’artillerie à longue portée et de défenses antiaériennes. Selon les constatations du journal La Razon, cette dynamique réduit de façon drastique l’écart technologique historique entre les deux rives de la Méditerranée.

L’Espagne conserve pour l’instant une domination globale grâce à son appartenance à l’OTAN, ses sous-marins, ses avions Eurofighter et ses frégates AEGIS. Toutefois, cette avance s’érode rapidement. Les spécialistes exigent une accélération immédiate des programmes d’armement ibériques, ciblant particulièrement le déploiement des frégates F-110, des blindés VCR 8x8 et des dispositifs anti-drones, afin de préserver une force de dissuasion crédible dans les airs et sur les mers.

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Face à cet environnement devenu particulièrement exigeant, l’anticipation s’impose. La diplomatie espagnole ne peut plus se contenter de réagir aux crises déjà déclenchées, comme lors de l’épisode de Ceuta en 2021. La pérennité du leadership de l’Espagne sur son flanc sud, incluant Melilla et les îles Canaries, nécessite, dit-on, une véritable coordination européenne et une excellence impérative dans les services de renseignement et de surveillance.