Maroc-Espagne : intervention de Felipe VI pour désamorcer la crise ?

- 22h30 - Espagne - Ecrit par : S.A

Arancha González Laya, ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération espagnole affirme que le rétablissement d’une relation normale avec le Maroc nécessite un espace de discrétion. Malgré un retour au calme à Sebta, les tensions entre le royaume et l’Espagne restent fortes.

« À ce stade, le rétablissement d’une relation normale nécessite un espace de discrétion. […] Je voudrais garder la discrétion diplomatique, car c’est la caractéristique d’une relation mature. Nous voulons avoir une relation mature avec le Maroc, même en cas de désaccords », a déclaré la cheffe de la diplomatie espagnole dans une interview accordée au journal La Razón. Elle a assuré qu’«  il y a eu des conversations avec différentes personnes à différents niveaux ».

Interrogée sur le rôle que pourrait jouer le roi Felipe dans le dégel de la crise, Arancha González Laya a indiqué que « le roi a un rôle important dans nos relations internationales ». « Si la question est de savoir quelle sera la stratégie du gouvernement espagnol, avec qui il va l’activer et quand il va le faire, je pense qu’il vaut mieux suivre quelque chose qui est très importante pour moi, qui est une diplomatie discrète », a-t-elle ajouté. À en croire la diplomate espagnole, le gouvernement espagnol n’avait pas conscience que l’admission d’urgence du patron du Polisario Brahim Ghali dans un hôpital de Logroño, sous le nom d’emprunt de Mohamed Ben Battouche, de nationalité algérienne pour « raisons humanitaires » provoquerait de nouvelles tensions entre les deux pays.

« Nous n’avons jamais voulu un conflit. Nous ne le cherchons jamais. Nous n’en voulons pas. Et nous ne le nourrissons certainement pas. Ce que nous voulons, et c’est ainsi que je l’ai transmis à l’ambassadrice [Karima] Benyaich, c’est de regarder vers l’avenir […] Nous n’avons pas créé ce conflit et nous ne voulons pas le maintenir. Et nous allons continuer à travailler sur cette ligne », s’est-défendue Arancha González Laya. « Si la question est qu’avec ce geste humanitaire, l’Espagne prend parti dans le différend du Sahara occidental, la réponse du gouvernement est non. L’Espagne n’a pas changé sa position », s’est-elle justifiée. Elle dit avoir du mal à concevoir qu’«  un geste humanitaire » provoquerait une crise migratoire.

Jeudi, l’afflux de migrants a cessé à la frontière à Sebta, mais les tensions diplomatiques entre les deux pays ne retombent pas. L’Espagne a accusé le Maroc d’«  agression  » et de «  chantage  ». « Le Maroc ne procède pas au chantage, le Maroc est clair par rapport à ses positions, ses actions et son attitude », a répliqué Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères dans une déclaration à la MAP. « S’il y a crise entre le Maroc et l’Espagne, c’est parce que Madrid a jugé, de manière souveraine, de manœuvrer avec les ennemis du royaume et d’accueillir sur son territoire quelqu’un qui fait la guerre au quotidien au Maroc », a-t-il ajouté.

  • Arancha González Laya tente de calmer la crise Maroc-Espagne en toute discrétion

    Arancha González Laya, ministre espagnole des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération joue la carte de la discrétion afin de désamorcer la crise diplomatique entre le Maroc et son pays.

  • La crise Maroc-Espagne va-t-elle emporter Arancha González Laya ?

    La crise diplomatique entre le Maroc et l'Espagne pourrait coûter à Arancha González Laya, ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération son poste au gouvernement. La première vice-présidente Carmen Calvo, proche de l'ambassadrice du royaume à Madrid, Karima Benyaich, est désormais chargée de désamorcer la crise.

  • Arancha Gonzalez Laya : l'Espagne n'a jamais eu l'intention de créer un désaccord avec le Maroc

    L'accueil du chef du Polisario, Brahim Ghali, par l'Espagne l'a été pour des « raisons humanitaires » et non pour faire naître un conflit entre l'Espagne et le Maroc. C'est ce qu'a expliqué dans un entretien, la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya.

  • Affaire Brahim Ghali : le début d'une longue crise entre l'Espagne et le Maroc

    La crise entre le Maroc et l'Espagne, née après l'accueil de Brahim Ghali dans un hôpital à Logroño, n'est pas près de connaitre son épilogue. Ce dimanche, Arancha González Laya, la ministre espagnole des Affaires étrangères, a indiqué que le leader du Polisario « retournera dans son pays quand il sera rétabli ».

  • Arancha González Laya emportée par la crise avec le Maroc

    Arancha González Laya n'est plus, depuis ce samedi, la ministre espagnole des Affaires étrangères. Le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, vient de la remercier à l'occasion du remaniement opéré. José Manuel Albares, jusque-là ambassadeur d'Espagne en France, est le nouveau chef de la diplomatie espagnole.

  • « Mohammed VI n'a jamais renoncé à l'annexion de Sebta et Melilla »

    Les tensions entre le royaume et l'Espagne demeurent tendues. Le Maroc tient aux poursuites judiciaires à l'encontre du leader du Polisario, Brahim Ghali devant la justice espagnole.

  • Arancha González Laya limogée à cause de la crise maroco-espagnole ?

    Le ministre de l'Agriculture et de la pêche, Luis Planas, et l'actuel ambassadeur en France, José Manuel Albares, pourraient faire leur entrée dans le prochain gouvernement de Pedro Sánchez attendu pour la mi-juillet. Les deux personnalités sont annoncées au ministère espagnol des Affaires étrangères, en remplacement éventuel d'Arancha González Laya dont la cote de popularité est au plus bas.

  • Le Maroc a coupé tout contact avec l'Espagne

    Le Maroc « n'a pas eu de contact avec l'Espagne » depuis la crise migratoire à Ceuta, consécutive à l'entrée de Brahim Ghali sur le sol espagnol, a assuré dimanche, Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères.

  • L'Espagne écarte tout lien entre l'hospitalisation de Brahim Ghali et l'afflux massif de migrants à Sebta

    Arancha González Laya, ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération espagnole revient sur l'admission d'urgence de Brahim Ghali, patron du Polisario dans un hôpital de Logroño, non loin de Saragosse, sous le nom d'emprunt de Mohamed Ben Battouche, de nationalité algérienne. Elle écarte tout lien entre le désaccord avec Rabat sur ce sujet et l'arrivée de milliers de migrants marocains dans l'enclave espagnole de Sebta, lundi.

  • Sahara : l'Espagne fait un (mauvais) pas vers le Maroc

    L'Espagne est prête à « envisager toute solution » proposée par le Maroc sur le Sahara, à condition que ce soit dans le cadre des Nations Unies, a déclaré dimanche, Arancha Gonzalez Laya, la ministre espagnole des Affaires étrangères.