Le Maroc « punit » à nouveau l’Espagne

- 14h40 - Espagne - Ecrit par : G.A

De lundi à mardi, 5000 migrants marocains dont un millier de mineurs sont parvenus à atteindre l’enclave espagnole de Ceuta. C’est la première fois en 24 h qu’autant de personnes parviennent à traverser la frontière entre le Maroc et l’Espagne.

Les images qui circulent sur les réseaux sociaux sont fortes et suscitent beaucoup d’inquiétudes sur la lutte contre l’immigration clandestine pour laquelle Madrid et Rabat sont de grands alliés. Venus des plages marocaines situées au sud de Ceuta, les migrants ont affronté les vagues pour se retrouver en Espagne. On compte des mineurs, des femmes, de jeunes hommes venus à la nage ou avec des bouées gonflables ou des canots pneumatiques. D’autres encore ont préféré marcher à la faveur de la marée basse. Selon les autorités, un homme aurait trouvé la mort par noyade, rapporte France Bleu.

Un porte-parole de la garde civile à Ceuta a annoncé que des migrants marocains, dont quelques mineurs ont été arrêtés lundi matin après avoir réussi à la nage, à atteindre l’Espagne. Des familles entières ont également rejoint Ceuta depuis le Maroc sur des canots pneumatiques de plage. Ces dernières semaines, les migrants par vague ont tenté de rejoindre à la nage Ceuta depuis le Maroc. Ils se réunissent par groupes de 20 à 30. Mais ils seront pour la plupart, expulsés vers le Maroc. Une situation qui intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Madrid et Rabat.

Ce nombre record de migrants qui se sont retrouvés en Espagne en une nuit serait une sorte de punition infligée à l’Espagne par Rabat. Depuis quelques semaines, l’axe Madrid-Rabat subit quelques perturbations à cause de la présence sur le territoire espagnol de Brahim Ghali, chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario. Le Maroc, allié clé de l’Espagne dans la lutte contre l’immigration illégale, a convoqué fin avril l’ambassadeur espagnol à Rabat pour exprimer son « mécontentement » à l’égard de l’accueil en Espagne de l’homme pour, dit-on, des raisons de santé. Les diplomates espagnols ont expliqué que lorsque le Maroc est irrité, il a souvent l’habitude de protester en ouvrant les vannes migratoires.

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