Mustapha Ramid : «  sous-estimer le Maroc se paie cher »

19 mai 2021 - 17h40 - Espagne - Ecrit par : S.A

Le ministre d’État en charge des droits de l’Homme et des relations avec le Parlement, Mustapha Ramid, a réagi à l’entrée massive des migrants – 8 000 personnes dont 2 000 mineurs – à Sebta (Ceuta), qui a aggravé la crise diplomatique entre l’Espagne et le Maroc. Il a appelé Madrid à revoir sa politique et ses relations avec Rabat.

« La décision de l’Espagne d’accueillir sur son territoire le chef du groupe armé du Polisario (Brahim Ghali), et de l’hospitaliser dans l’une de ses structures sous une fausse identité, sans égard pour le bon voisinage qui suppose et nécessite coordination et concertation, ou du moins information, est une mesure imprudente, irresponsable et totalement inacceptable », dénonce le ministre dans un post sur Facebook, expliquant que cette « attitude irréfléchie » est à l’origine de la crise migratoire à laquelle fait face Madrid.

Les interrogations fusent. « Qu’attendait l’Espagne du Maroc, quand il voit son voisin héberger le chef d’un groupe séparatiste qui a pris les armes contre le royaume ? Qu’aurait perdu l’Espagne si elle avait pris les mesures nécessaires dans de tels cas, pour informer le Maroc et recueillir son point de vue sur le fait d’héberger un ennemi de son intégrité territoriale ? Pourquoi l’Espagne n’a-t-elle pas révélé la présence de Brahim Ghali sur son sol sous sa véritable identité ? N’est-ce pas là la preuve qu’elle est certaine que ce qu’elle a fait n’est pas conforme aux normes de bon voisinage ? Et si le Maroc faisait ce que l’Espagne a fait ? », s’interroge Ramid Mustapha.

Selon lui, l’Espagne a préféré sa relation avec le Polisario et son mentor l’Algérie, à sa relation avec le Maroc. « Le Maroc, qui a beaucoup sacrifié au nom du bon voisinage, qui devrait faire l’objet de toute l’attention des deux pays voisins, qui devaient veiller à préserver et entretenir leurs liens avec le Royaume », se désole le ministre. « Maintenant que l’Espagne ne l’a pas fait, le Maroc était en droit de prendre ses aises, de sorte que l’Espagne mesure l’ampleur des maux qu’il supportait au nom du bon voisinage, et le prix qu’il paie. Elle devait également savoir que sous-estimer le Maroc se paie cher et comptant », ajoute-t-il.

Mustapha Ramid appelle par ailleurs Madrid à revoir sa politique et ses relations avec son voisin, qu’elle le considère comme il doit être considéré et qu’elle respecte ses droits comme il respecte les siens.

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