Maroc : l’étonnante découverte du HCP sur les vraies causes du divorce

- 13h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Le rapport du HCP sur la famille marocaine montre que les tensions conjugales ne se jouent pas toujours uniquement entre époux. Dans une partie des divorces, les conflits avec la belle-famille restent un facteur important, surtout en milieu rural.

Au Maroc, la vie de couple reste souvent inséparable de l’environnement familial. Même lorsque les ménages deviennent plus petits et plus autonomes, la famille élargie continue d’occuper une place importante dans les relations conjugales. Selon les résultats de l’Enquête nationale sur la famille 2025 du HCP, les conflits avec la belle-famille figurent encore parmi les causes déclarées de divorce.

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Le rapport indique que les désaccords domestiques restent la première cause citée par les personnes divorcées, avec 30,9 % des réponses. Les difficultés économiques arrivent également parmi les principaux motifs de rupture, confirmant le poids des tensions matérielles dans la vie conjugale. Mais la belle-famille apparaît aussi comme un facteur de fragilisation du couple.

À l’échelle nationale, les conflits avec la belle-famille représentent 11,6 % des causes de divorce déclarées. Ce chiffre montre que, pour une partie des couples, les tensions ne viennent pas seulement de la relation entre époux, mais aussi des rapports avec les parents, beaux-parents, frères, sœurs ou proches du conjoint.

Le phénomène est plus marqué en milieu rural, où les conflits avec la belle-famille atteignent 16,5 % des causes de divorce. Cette différence peut s’expliquer par la persistance plus forte des solidarités familiales, de la proximité résidentielle et de l’intervention de l’entourage dans la vie conjugale. Dans les contextes où la famille élargie reste très présente, les frontières entre couple et entourage sont parfois plus difficiles à maintenir.

Cette pression familiale doit aussi être lue dans un contexte plus large. Le rapport montre que la famille marocaine se transforme : les familles nucléaires progressent, les familles élargies reculent et les jeunes couples cherchent davantage d’autonomie. Mais cette autonomie résidentielle ou affective reste incomplète lorsque les décisions du couple continuent d’être influencées par l’entourage.

Les tensions avec la belle-famille peuvent toucher plusieurs aspects de la vie quotidienne : logement, dépenses, éducation des enfants, partage des responsabilités, choix du conjoint ou intervention dans les disputes conjugales. Elles deviennent alors un élément supplémentaire dans des couples déjà fragilisés par les problèmes économiques, les désaccords domestiques ou l’absence de communication.

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Derrière ces chiffres, le HCP montre une réalité sociale encore très présente : au Maroc, le mariage unit rarement deux personnes seulement. Il engage souvent deux familles, deux environnements et parfois deux visions différentes de la vie conjugale. Lorsque cet équilibre se dérègle, la belle-famille peut devenir un facteur de tension durable dans le couple.