Argent vs Valeurs : ce que les femmes marocaines recherchent vraiment chez un mari
Le rapport du HCP sur la famille marocaine montre que le choix du conjoint ne repose pas d’abord sur la situation financière. Pour les femmes interrogées, les valeurs morales et le sens des responsabilités arrivent largement devant les critères économiques.
Au Maroc, l’argent compte dans le mariage, mais il n’arrive pas en tête lorsqu’il s’agit de choisir un époux. Selon les résultats de l’Enquête nationale sur la famille 2025 du HCP, 55,4 % des femmes non célibataires citent d’abord les valeurs morales et la responsabilité comme critère prioritaire dans le choix de leur mari.
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Ce critère domine très largement les autres réponses. Les aspects psycho-affectifs, comme l’amour, l’entente ou le respect mutuel, arrivent loin derrière, avec 15,3 %. La religiosité représente 10,6 % des réponses, tandis que les critères liés au statut socioéconomique, comme le niveau de revenu, la stabilité professionnelle ou la situation matérielle, ne sont cités en premier que par 8,3 % des femmes.
Le rapport montre ainsi que le choix du conjoint reste fortement associé à l’image d’un homme responsable, fiable et capable d’assumer la vie familiale. Ce résultat nuance l’idée selon laquelle les considérations financières seraient devenues le principal moteur du mariage. Elles existent, mais elles ne constituent pas le premier critère déclaré.
Les différences entre ville et campagne sont limitées. Les valeurs morales et la responsabilité arrivent en tête dans les deux milieux, avec 55,6 % en ville et 55,1 % en milieu rural. Les critères psycho-affectifs sont un peu plus cités en ville, tandis que la religiosité occupe une place légèrement plus importante dans les campagnes.
Le niveau d’instruction fait toutefois apparaître quelques nuances. Chez les femmes ayant un niveau supérieur, les critères psycho-affectifs prennent plus de poids, tandis que les valeurs morales restent majoritaires. Cela traduit une évolution progressive vers des choix plus individualisés, sans effacer l’importance accordée à la responsabilité familiale.
Cette hiérarchie des critères s’inscrit dans un contexte où le mariage reste pourtant freiné par les difficultés économiques. Le même rapport montre que l’argent, le logement, le chômage et le coût du mariage sont devenus des obstacles majeurs pour les célibataires qui hésitent à se marier. Mais au moment de choisir un mari, les femmes placent d’abord la confiance, le sérieux et la responsabilité.
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Derrière ces chiffres, le HCP dessine donc une réalité plus nuancée : l’argent peut bloquer le mariage, mais il ne suffit pas à définir le bon conjoint. Pour une grande partie des femmes marocaines, le mari attendu reste avant tout un homme jugé responsable, stable dans son comportement et porteur de valeurs compatibles avec la vie familiale.