Le Maroc file à 320 km/h, la Californie reste à quai

- 13h00 - Monde - Ecrit par : Farid Laamoudi

Le Maroc exploite son train à grande vitesse depuis 2018, tandis que la Californie attend toujours le sien. Une chronique américaine oppose les résultats d’Al Boraq aux retards et aux coûts vertigineux du projet ferroviaire californien.

Le contraste a frappé Joe Mathews lors d’un voyage entre Casablanca et Tanger. Le chroniqueur américain a parcouru en 2 h 17 un trajet qui demandait environ cinq heures avant la mise en service d’Al Boraq.

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Dans le San Francisco Chronicle, il compare le Maroc à la Californie, deux territoires allongés, bordés par l’océan et comptant près de 40 millions d’habitants. Leur puissance économique est pourtant sans commune mesure : l’économie californienne approche 4 000 milliards de dollars, contre environ 182 milliards pour le Maroc.

Malgré cet écart, le royaume dispose depuis novembre 2018 du premier train à grande vitesse d’Afrique. Al Boraq relie Casablanca, Rabat, Kénitra et Tanger, avec une vitesse pouvant atteindre 320 km/h sur la section dédiée.

Le Maroc roule, la Californie attend

Le chroniqueur estime le coût de la ligne marocaine à environ 15 millions de dollars par mile. Le tronçon Merced–Bakersfield, première partie du projet californien, approche pour sa part 35 milliards de dollars, soit plus de 200 millions par mile.

Les deux projets ne sont pas totalement comparables, notamment en matière de normes, de foncier et de contraintes administratives. Mais l’écart reste spectaculaire. La Californie ne prévoit pas de mettre en service ce premier tronçon avant 2033.

Joe Mathews attribue la réussite marocaine au partenariat avec la SNCF et Alstom, à l’utilisation de gares existantes et à un choix pragmatique : Al Boraq circule encore sur des voies classiques entre Casablanca et Kénitra, avant de rejoindre sa ligne à grande vitesse vers Tanger.

La Californie a, elle, accumulé les changements de direction, les études, les recours et les consultants, faisant exploser la facture et le calendrier.

Pour le chroniqueur, la principale leçon marocaine tient à la capacité de lancer rapidement une infrastructure fonctionnelle, quitte à l’améliorer ensuite. Huit ans après l’arrivée d’Al Boraq, la Californie construit toujours son premier TGV.