Maroc : le fisc passe à l’offensive
Le gouvernement durcit le ton contre la fraude fiscale. Devant les députés, le ministre du Budget a dévoilé des recettes en forte hausse et une économie résiliente face à la sécheresse, fixant un cap ambitieux pour les finances publiques.
La traque s’intensifie contre les spéculateurs. Lors de son audition devant la commission parlementaire de contrôle des finances publiques, Fouzi Lekjaa a réaffirmé « la détermination de l’exécutif à accentuer la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales ». L’objectif est de combler les failles réglementaires pour garantir le financement des réformes structurelles. Cette rigueur porte déjà ses fruits : les rentrées fiscales ordinaires ont bondi de 14 % entre 2022 et 2024, générant un gain net de 39,3 milliards de dirhams avec un taux de réalisation dépassant les prévisions initiales.
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Cette dynamique fiscale ouvre la voie à un défi de taille : doubler ces ressources d’ici la fin de l’année 2026. L’exercice s’annonce toutefois délicat en raison des futures échéances électorales prévues à cette période. Pour réussir ce pari, le ministre exige l’instauration d’une véritable culture de la performance au sein des institutions publiques. En parallèle, le raccourcissement des délais d’examen budgétaire par le Parlement constitue un levier d’action particulièrement efficace, souligne le quotidien Assabah, car il permet aux élus de rectifier rapidement les trajectoires financières.
Sur le plan purement comptable, les caisses respirent. L’État a perçu 577,9 milliards de dirhams de ressources globales pour 516,7 milliards de dépenses, dégageant ainsi un solide excédent de 56,84 milliards de dirhams. Fort de ce bilan affichant un taux d’exécution global de 121 %, le gouvernement aborde les prochains mois avec assurance. Il maintient son cap pour contenir le déficit public sous la barre des 3 % et stabiliser l’endettement global en deçà du seuil critique des 66 % du produit intérieur brut.
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Ces excellents résultats s’inscrivent pourtant dans un climat difficile, marqué par une sixième année consécutive de sécheresse. Si le secteur agricole a vu sa valeur ajoutée chuter de 4 %, l’économie nationale a fait preuve d’une forte résistance avec une croissance globale de 3,8 %. Ce rebond s’explique par la vitalité des secteurs non agricoles (+4,5 %), propulsés par le tourisme, l’industrie automobile et les exportations de phosphates. Le récent retour des pluies laisse désormais entrevoir des perspectives plus clémentes pour les agriculteurs.