Crise d’Ormuz : le Maroc paie pour éviter une flambée des prix
Face au blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, le Maroc dépense chaque mois 3 milliards de dirhams pour subventionner l’énergie. Le gouvernement s’efforce de contenir l’impact de cette crise sur les finances publiques.
Presque totalement dépendant des importations de gaz et de pétrole, le royaume subit une pression financière colossale. D’après le ministre du Budget Fouzi Lekjaa, l’État déploie mensuellement 3 milliards de dirhams (soit 330 millions de dollars) d’aides.
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Dans le détail, 600 millions évitent l’envolée du prix du butane, 650 millions freinent les tarifs des transports et 300 millions allègent les factures d’électricité. Ces perfusions financières répondent aux conséquences du conflit iranien, qui a fait bondir le pétrole de 46 %. Le carburant a ainsi explosé de 70 % pour atteindre 1 218 dollars la tonne, tandis que le gaz a grimpé de 53 % et le butane de 33 % (à 727 dollars).
L’impact sur les caisses nationales est lourd : le ministère de l’Économie et des Finances a relevé un creusement du déficit de près de 40 % sur les deux premiers mois de 2026, passant de 24,8 à 34,5 milliards de dirhams. Malgré ces chiffres et les immenses dépenses d’infrastructures annoncées début 2025 pour co-organiser le Mondial 2030 avec l’Espagne et le Portugal, Fouzi Lekjaa promet devant le parlement un déficit maîtrisé sous les 3 % du PIB et une dette à 66 %.
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Pour tenir ce cap, le dirigeant compte sur une excellente dynamique fiscale. Sur le premier quadrimestre, les recettes des impôts ont crû de 8,5 % pour s’établir à 10,4 milliards de dirhams, portées par une hausse de la TVA, des taxes de consommation, et un bond de 25 % de l’impôt sur les sociétés (à 9 milliards).