Les entreprises marocaines n’ont jamais autant rempli les caisses de l’État

- 13h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Portées par une vaste réforme, les recettes de l’impôt sur les sociétés ont atteint un niveau historique au Maroc lors du premier trimestre 2026. Une dynamique spectaculaire qui redessine les équilibres du budget de l’État.

Le début de l’année marque un véritable tournant pour les caisses de l’État marocain. Avec 44,9 milliards de dirhams récoltés en seulement trois mois, l’impôt sur les sociétés (IS) a presque égalé son niveau annuel d’avant-crise. Comme l’indique L’Economiste, cette performance spectaculaire s’inscrit dans le sillage d’une refonte fiscale entamée en 2023 et achevée cette année. Pesant pour 37,3 % des recettes ordinaires nettes, l’IS s’impose désormais comme le premier pilier du budget général, devançant largement les autres prélèvements.

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Si les entreprises tirent les recettes vers le haut, l’impôt sur le revenu affiche un recul de 9,7 %, s’établissant à 18,9 milliards de dirhams. Cette baisse est toutefois en trompe-l’œil, l’année précédente ayant bénéficié d’une rentrée exceptionnelle de 3,8 milliards liée à une régularisation volontaire. De son côté, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) conforte sa deuxième place avec 27,8 milliards de dirhams collectés. La progression marquée de la TVA intérieure traduit « une demande intérieure solide, ou du moins une meilleure efficacité dans la collecte », contrastant avec des importations plus modérées.

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Cette embellie fiscale s’accompagne d’une gestion beaucoup plus rapide des remboursements aux entreprises. Les restitutions de TVA intérieure ont bondi de 18,2 % pour atteindre 5 milliards de dirhams à fin mars. L’administration assume désormais un « objectif zéro arriéré, avec des délais de remboursement ramenés à deux mois en moyenne ». À l’inverse, les remboursements liés à l’IS ont chuté de 39,5 %, le stock de dossiers en attente ayant déjà été largement purgé l’année précédente.