200 millions par projet et contrôles stricts : Comment l’Office des changes verrouille l’expansion marocaine
Les investissements marocains hors des frontières ont atteint près de 4 milliards de dirhams au début de l’année 2026. Sous l’œil vigilant de l’Office des changes, cette dynamique confirme le leadership économique du Royaume, particulièrement en Afrique subsaharienne.
Au cours des deux premiers mois de 2026, les investisseurs nationaux ont transféré 3,94 milliards de dirhams à l’étranger, une progression de 3,6 % sur un an. Cette activité est strictement encadrée : selon Assabah, les entreprises peuvent mobiliser jusqu’à 200 millions de dirhams annuels pour leurs projets. Les banques assurent la traçabilité des dossiers pour permettre aux inspecteurs de l’Office des changes de vérifier la conformité de chaque opération de paiement ou d’importation.
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Le Bureau des changes exerce une surveillance rigoureuse pour prévenir tout détournement des facilités accordées. Les investisseurs ont l’obligation légale de rapatrier les bénéfices générés ainsi que les produits de cession des projets financés. À la fin février, l’institution avait déjà enregistré le retour de 2,456 milliards de dirhams de revenus d’investissement. Ce contrôle minutieux garantit que les capitaux exportés respectent les délais de rapatriement imposés par la législation.
Le continent africain reste la cible privilégiée du Royaume, captant 54,3 % de ses investissements totaux à l’étranger. L’Afrique subsaharienne concentre à elle seule 88 % des flux marocains sur le continent. Cette stratégie de déploiement constante a permis au Maroc de s’imposer, au cours de la dernière décennie, comme le premier investisseur en Afrique de l’Ouest et le deuxième à l’échelle de l’ensemble du continent.
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La finance domine largement cette expansion avec le secteur bancaire qui représente 52 % des parts, soit plus de 6 milliards de dirhams investis. Malgré une concurrence féroce des établissements américains ou nigérians, les banques marocaines consolident leur présence dans de nombreux pays. Les télécommunications (32 %), les holdings (7 %) et l’industrie (3 %) complètent ce podium sectoriel, illustrant une stratégie ambitieuse pour soutenir la croissance des marchés africains.