Flambée de l’or noir : le Maroc menacé par une vague d’inflation

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

guerre en Iranran et le blocage du détroit d’Ormuz font grimper les prix du pétrole. Face à cette situation, l’économie marocaine subit des hausses de coûts importantes qui ravivent les craintes d’une forte inflation.

Le Maroc, fortement dépendant des importations d’hydrocarbures, fait face à une flambée des prix à la pompe. Après trois augmentations en moins d’un mois, le litre d’essence et de gasoil a franchi la barre des 15 dirhams. Cette hausse s’explique par le blocage continu du détroit d’Ormuz, qui a propulsé le baril de pétrole à près de 95 dollars récemment, loin des 65 dollars prévus par le budget de l’État pour l’année 2026. L’an dernier, le pays a consacré 7 % de son PIB à ses seules dépenses énergétiques.

Sur Bladi.net : Face à la crise mondiale, le Maroc sort le chéquier

Les entreprises marocaines ressentent directement le poids de cette crise. Les secteurs de la construction et de l’immobilier voient leurs coûts augmenter. Les produits dérivés du pétrole, comme le plastique fabriqué localement, coûtent également plus cher. « J’ai augmenté mes prix », confirme un dirigeant d’entreprise de Casablanca dans une analyse du journal Le Monde. Face à cette menace inflationniste, des patrons demandent à l’État une baisse temporaire des taxes sur les carburants.

Pour limiter les dégâts sociaux, le gouvernement a choisi de geler les prix des bouteilles de gaz domestique et de l’électricité. Cette décision coûte un milliard de dirhams par mois et aggrave le déficit de l’opérateur public ONEE. L’État a aussi versé une aide de 650 millions de dirhams aux transporteurs. La ministre de l’Économie, Nadia Fettah Alaoui, multiplie les interventions pour rassurer les marchés : « Nous sommes prêts à d’éventuels impacts sur notre économie, mais nous espérons que la crise sera courte ».

Malgré un discours officiel valorisant la transition écologique, le pays reste extrêmement dépendant des ressources fossiles. Les énergies renouvelables ne représentent qu’environ 8 % de la consommation énergétique finale, un chiffre qui stagne depuis vingt ans. De son côté, la banque centrale a choisi de maintenir son taux d’intérêt à 2,25 %, tout en prévenant que l’impact économique final dépendra de la durée et de l’intensité de ce conflit.

Sur Bladi.net : Le baril à 160 dollars ? Le scénario noir qui menace le Maroc

Dans ce contexte tendu, le groupe OCP, géant mondial des engrais, semble tirer profit de la situation. L’entreprise a annoncé une baisse de sa production allant jusqu’à 30 % pour le deuxième trimestre de 2026. Si la raison officielle évoque des opérations de maintenance, un expert du secteur estime que l’objectif réel est de « préserver ses marges ». En réduisant temporairement son offre alors qu’elle possède des réserves, l’entreprise pourrait provoquer une hausse mécanique de ses prix de vente.