Maroc : ce que l’État gagne vraiment sur chaque litre de gasoil

- 05h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Face à la polémique sur les prix à la pompe, Fouzi Lekjaa a fermement démenti tout enrichissement de l’État. Devant les conseillers, le ministre a dévoilé des chiffres précis pour prouver que la crise coûte plus qu’elle ne rapporte.

L’État tire-t-il profit de l’envolée des prix à la pompe ? C’est la question brûlante à laquelle Fouzi Lekjaa a répondu ce mardi 12 mai devant la Chambre des conseillers. Alors que l’escalade géopolitique au Moyen-Orient a fait bondir le baril de 46 % et le gasoil de 70 %, les appels à supprimer les taxes se multiplient. Le ministre délégué a tenu à recadrer le débat, rejetant l’idée d’un enrichissement mécanique des caisses publiques sur le dos des automobilistes.

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Pour démonter ces accusations, le responsable a décortiqué la fiscalité appliquée aux hydrocarbures. Il a rappelé une règle stricte : la taxe intérieure de consommation (TIC) s’applique au volume et non au tarif de vente. « Elle ne se trouve donc affectée ni par la hausse ni par la baisse des cours », a-t-il insisté. Quant à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) frappant le gasoil, elle représente « exactement 0,46 dirham par litre », soit à peine 12 % de la récente augmentation. À titre de comparaison, le choc énergétique mondial alourdit la facture d’environ 3,7 dirhams par litre.

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Loin d’engranger une rente sur les carburants, l’exécutif dépense massivement pour amortir cette inflation. Chaque mois, l’État injecte des centaines de millions de dirhams pour geler les tarifs du gaz butane, de l’électricité et du transport. Si les finances publiques se portent bien, avec des recettes en hausse de 10,4 milliards de dirhams à fin avril par rapport à 2025, cette embellie provient d’ailleurs. C’est l’impôt sur les sociétés (IS) qui tire la croissance avec un bond exceptionnel de 25 %, prouvant que la santé budgétaire actuelle ne repose pas sur les pleins d’essence.