Pétrole cher, gazole en hausse : pourquoi le Maroc pense pouvoir tenir
Malgré la flambée des cours mondiaux de l’énergie, le Maroc affiche sa résilience. L’exécutif table sur une croissance supérieure à 5,3 % en 2026, portée par des réserves de change robustes et une excellente campagne agricole.
L’économie mondiale traverse une zone de fortes turbulences géopolitiques, frappant de plein fouet les marchés de l’énergie. Devant la Chambre des conseillers ce mardi 12 mai, Fouzi Lekjaâ a détaillé cette envolée des prix : un baril de pétrole grimpant à 102 dollars en moyenne sur les quatre premiers mois de l’année, et un gazole bondissant de 70 %. Le butane, le fioul et le gaz naturel subissent la même inflation vertigineuse. Pour le ministre délégué chargé du budget, ces données découlent d’« une lecture objective des conditions que vit le Maroc au même titre que le reste du monde ».
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Ce dérèglement international assombrit les prévisions globales. Le Fonds monétaire international a d’ailleurs abaissé la croissance planétaire à 3,1 %, anticipant une inflation à 4,4 % et un net ralentissement du commerce. Face à cette tempête, le royaume fait pourtant figure d’exception. Le responsable gouvernemental a salué « la robustesse de l’économie nationale et des finances publiques », assurant que le pays parvient à conserver la dynamique économique de ces dernières années.
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Cet optimisme repose sur deux piliers solides. D’une part, les réserves en devises ont bondi de 23,4 % sur un an pour atteindre 469,8 milliards de dirhams à fin avril, garantissant au pays l’équivalent de près d’un semestre d’importations. D’autre part, les précipitations abondantes promettent une belle récolte céréalière évaluée à 90 millions de quintaux. Sachant que chaque tranche supplémentaire de 20 millions de quintaux génère près de 0,3 % de valeur ajoutée, cette vitalité agricole permet au gouvernement de maintenir le cap d’une croissance dépassant les 5,3 % pour l’année en cours.