Maroc : la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme
Malgré une indéniable modernisation, le royaume chérifien traverse une profonde crise de l’emploi. Le taux d’activité s’effondre, révélant les failles d’un modèle économique incapable d’absorber les chocs et de répondre aux ambitions sociales du pays.
Le constat dressé fin avril par la Banque mondiale, relayé par Le Monde, est sans appel : « Le Maroc compte de nombreuses entreprises, mais trop peu d’emplois. » Le taux d’activité du pays dégringole, atteignant 43,5 % en 2024, soit une baisse de dix points depuis 1999. Le déficit de création de postes s’aggrave lourdement, frappant de plein fouet les jeunes diplômés, les ruraux et les femmes, dont la participation au marché du travail plafonne péniblement à 19 %.
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Cette détérioration s’explique par une « succession de chocs exogènes cumulés », allant de la pandémie aux crises géopolitiques, en passant par une grave sécheresse ayant anéanti plus d’un million d’emplois agricoles en moins d’une décennie. L’omniprésence étatique freine également l’élan des investisseurs privés et étrangers. En outre, l’économie marocaine, très dépendante des importations d’hydrocarbures, souffre d’un baril de pétrole au-dessus des 100 dollars, empêchant tout rebond immédiat malgré les espoirs suscités par l’organisation de la Coupe du monde 2030.
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Ces rapports officiels viennent assombrir le bilan du Premier ministre Aziz Akhannouch à moins de cinq mois des législatives. Sa promesse de générer un million d’emplois nets s’est envolée, la presse économique n’en recensant que 95 000 depuis son arrivée. Face aux critiques, l’exécutif préfère vanter le développement de ses infrastructures, une posture analysée par le lobbyiste Abdelmalek Alaoui : « Nos politiques ont privilégié la crédibilité extérieure à l’impact social intérieur ».