Billets d’avion : hausse vertigineuse des prix pour les vols vers le Maroc

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : Jalil Laamoudi

La guerre au Moyen-Orient provoque une crise mondiale de l’approvisionnement en kérosène. Face à des prix qui doublent, le Maroc craint une explosion du coût des billets d’avion, menaçant directement son secteur touristique et son trafic aérien.

Le secteur de l’aviation civile traverse de fortes turbulences. Le prix du baril de kérosène a brusquement bondi, passant de 85 dollars à près de 190 dollars. Cette flambée frappe de plein fouet les compagnies aériennes, dont les dépenses en carburant atteignent jusqu’à 25 % de leurs charges. Conséquence directe pour les voyageurs, les tarifs des billets affichent une hausse moyenne de 24 % par rapport à l’année précédente, avec des augmentations dépassant les 1000 dirhams sur les longs trajets. Les transporteurs européens réduisent déjà leur voilure, à l’image de Lufthansa qui a retiré 27 appareils de son programme de vols.

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Ces perturbations s’expliquent par le conflit au Moyen-Orient. La forte demande des aviations militaires et la modification forcée des couloirs aériens exercent une pression inédite. L’expert en énergie Hussein Al Yamani explique au média Achkayen que « le monde connaît aujourd’hui une demande plus importante pour cette matière face à une baisse de la production ». De plus, les menaces de fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, poussent des pays comme l’Allemagne à constituer des stocks de précaution. Des rapports internationaux redoutent l’émergence de la plus grande crise énergétique de l’histoire.

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Le Maroc, dont la consommation annuelle oscille entre 800 000 et 900 000 tonnes, reste extrêmement vulnérable à ces secousses internationales. L’expert rappelle l’alerte de février dernier, lorsque l’Office national des aéroports avait sommé les compagnies de remplir leurs réservoirs à l’étranger face au manque de carburant sur le sol national. Une précarité logistique qui contraste avec l’époque où la raffinerie marocaine Samir produisait jusqu’à 1,2 million de tonnes par an, couvrant largement les besoins internes. Aujourd’hui, cette dépendance extérieure fait planer de lourdes incertitudes sur la fluidité des liaisons et la réussite de la saison touristique.