Royal Air Maroc prépare des coupes qui menacent le tourisme

- 22h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Confrontée à l’explosion des prix du kérosène liée aux tensions au Moyen-Orient, Royal Air Maroc prévoit de supprimer plusieurs liaisons aériennes. Cette réduction de voilure cible principalement les vols peu rentables et menace directement le tourisme national.

Face à une envolée tarifaire qualifiée d’« insoutenable » pour le transport mondial, la compagnie marocaine prépare des coupes dans son réseau. Selon les informations obtenues par Hespress, cette mesure frappera d’abord les itinéraires structurellement fragiles, à l’image des ouvertures récentes ou des lancements à venir qui peinent à trouver leur rentabilité. Si la liste définitive n’est pas encore arrêtée, le transporteur a d’ores et déjà interrompu ses vols vers Dubaï et Doha à cause des affrontements au Moyen-Orient. Une source proche du dossier prévient que « d’autres lignes pourraient être fermées » et intégrées à ce plan de sauvegarde.

Sur Bladi.net : Pourquoi le prix de votre billet pour le Maroc va s’envoler cet été !

Ce serrage de vis découle du blocage du détroit d’Ormuz, un goulot d’étranglement vital où transite le tiers de l’or noir mondial. Les répercussions de ce conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran ont fait flamber la facture de plus de 100 %. Début avril, la tonne de carburant d’aviation a fracassé son record européen pour atteindre 1 838 dollars, loin des 831 dollars d’avant-guerre. Une flambée qui pénalise lourdement les bilans financiers des opérateurs, tout particulièrement sur les trajets long-courriers très gourmands en carburant.

Sur Bladi.net : Vols annulés vers le Qatar et les Émirats : ce que Royal Air Maroc prévoit pour les passagers

Le péril menace désormais l’ensemble de la chaîne aérienne. Fatih Birol, le patron de l’Agence internationale de l’énergie, décrit une situation « extrêmement grave » et redoute une vague d’annulations « dans un avenir proche ». L’Europe ne posséderait plus que « six semaines environ de réserves de carburant d’aviation ». Cette pénurie imminente pousse d’autres compagnies aériennes internationales à envisager la suspension de leurs rotations vers le Maroc, faisant planer un risque majeur sur toute l’industrie touristique du royaume.