Le Maroc, plan B des touristes occidentaux ? Les deux faces de la crise au Moyen-Orient

- 05h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Le conflit qui embrase le Moyen-Orient menace l’industrie touristique mondiale. Si la flambée des prix des carburants suscite l’inquiétude, le Maroc pourrait paradoxalement tirer son épingle du jeu en attirant les voyageurs occidentaux fuyant les zones de tension.

Depuis trois semaines, guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iranran fait peser une lourde incertitude sur les voyages internationaux. Bien qu’il soit prématuré d’en mesurer l’impact exact sans statistiques officielles, un haut responsable du secteur confie à Hespress que les conséquences oscilleront « entre le négatif et le positif ».

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Une prolongation des hostilités pénalisera inévitablement les pays proches du conflit. À l’inverse, cette instabilité régionale pourrait profiter au royaume. Ce dernier représente une alternative sécurisée capable d’attirer les marchés européens et américains, incitant le ministère de tutelle à étudier de près ces nouvelles opportunités.

L’expert touristique Zoubir Bouhout rappelle que 14 % du trafic aérien mondial transite par les immenses hubs moyen-orientaux comme Dubaï et Doha. Cette guerre perturbe la chaîne logistique et provoque une flambée du pétrole, impactant immédiatement le coût du kérosène et des billets d’avion.

Cette inflation se propage ensuite à l’ensemble de l’économie, affectant les transports internes et les services. La hausse généralisée des prix grignote le pouvoir d’achat des consommateurs, qui sacrifient en priorité leurs budgets de loisirs, réduisant mécaniquement la demande touristique internationale.

Le secteur prospérant en période de quiétude, l’expert insiste sur le fait que « les guerres n’ont jamais été un facteur positif ». Il redoute particulièrement les amalgames liés à l’image globale de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), souvent perçue par les voyageurs comme un seul bloc.

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En dépit de sa sécurité reconnue et de ses records de fréquentation atteints en 2025, le pays reste géographiquement rattaché à cet espace. Il pourrait ainsi pâtir des stéréotypes d’insécurité générés par la crise, contrecarrant en partie les espoirs de report de la clientèle occidentale.