Détroit d’Ormuz : Le blocus qui menace de paralyser les phosphates marocains

- 15h00 - Maroc - Ecrit par : Jalil Laamoudi

La fermeture du détroit d’Ormuz ébranle le marché mondial des engrais. Fortement dépendant des matières premières du Moyen-Orient, le Maroc craint de lourdes perturbations sur ses exportations de phosphates, ravivant les inquiétudes sur la sécurité alimentaire globale.

Le blocage de ce point de passage, consécutif aux récentes frappes impliquant l’Iran, paralyse une artère vitale du commerce international. Selon Le Soir, ce bras de mer voit transiter un tiers des engrais mondiaux, outre d’immenses volumes de pétrole et de gaz liquéfié.

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Les analystes du cabinet Kpler soulignent la vulnérabilité spécifique du Royaume face à cette paralysie logistique. Le pays s’appuie massivement sur les importations de soufre et d’ammoniac moyen-orientaux, des intrants indispensables à la fabrication de ses engrais phosphatés destinés aux marchés extérieurs.

Cette rupture d’approvisionnement risque de déstabiliser structurellement le marché mondial des phosphates. Le Programme des Nations unies pour l’alimentation alerte ouvertement : « Toute perturbation à cet endroit risque d’entraîner une moindre disponibilité, des rendements agricoles plus faibles et, par conséquent, une hausse des prix alimentaires ».

Sur les marchés, l’envolée est déjà palpable avec un bond de 40 % du prix de l’urée en seulement deux semaines. Cette flambée menace en première ligne les économies agricoles africaines les plus fragiles, exposées à une pression intenable sur le coût de la vie.

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L’absence de réserves stratégiques d’engrais au sein des grandes puissances assombrit les perspectives à court terme. Si ce blocus persiste et entrave la fertilisation des sols lors des prochaines semaines cruciales, l’épuisement des stocks céréaliers mondiaux laissera inévitablement place à un choc inflationniste alimentaire majeur d’ici la fin de l’année.