Les milliards de la Coupe du monde menacent l’économie marocaine
Le Fonds monétaire international anticipe des retombées positives pour le plan d’investissement massif du Maroc d’ici 2030. La croissance devrait s’accélérer, à condition de maîtriser l’endettement et de sécuriser la gestion budgétaire des futurs chantiers.
En prévision de la Coupe du monde 2030, le Royaume compte accélérer ses dépenses publiques à hauteur de 190 milliards de dirhams. Selon une récente analyse du FMI, ce programme pourrait accroître le PIB réel de 2 % d’ici la fin de la décennie, pour grimper jusqu’à 3 % à plus long terme grâce aux gains de productivité. Cette dynamique s’inscrit dans une tendance forte de l’exécutif. Comme l’a souligné le chef du gouvernement Aziz Akhannouch à la mi-avril, cette enveloppe globale est passée de 230 à 380 milliards de dirhams entre 2021 et 2026, traduisant la volonté de réhabiliter l’investissement de l’État comme un « outil pour la consolidation de la souveraineté économique ».
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Ce vaste plan, qui représente 11,9 % du PIB sur la période 2024-2030, cible en priorité la connectivité et le tourisme. Le détail des financements prévoit de moderniser les réseaux ferroviaires (6 % du PIB), les aéroports (2,4 %) et le maillage routier (0,9 %). À cela s’ajoutent l’édification et la rénovation des enceintes sportives, qui capteront 2,2 % du produit intérieur brut, ainsi que l’amélioration des aménagements urbains.
Si le FMI reconnaît le potentiel de ces projets, il alerte sur des effets collatéraux inévitables. La forte proportion de biens importés, estimée à 60 % des dépenses, va mécaniquement creuser le déficit du compte courant. Par ailleurs, le recours massif à l’emprunt public va alourdir la dette de 7 à 8 % jusqu’en 2030 et générer un effet d’éviction. Concrètement, la hausse de la prime de risque souverain va augmenter les taux d’intérêt, freinant ainsi temporairement l’investissement privé avant un rebond espéré à partir de 2031.
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Pour garantir la viabilité de cette stratégie macroéconomique, l’institution financière pose des conditions strictes. La réussite du programme dépendra d’une gestion rigoureuse permettant d’atténuer les risques de dépassement des coûts de construction. Le FMI insiste également sur l’obligation d’intégrer dès à présent les futurs frais de maintenance de ces nouvelles infrastructures dans le budget, une étape incontournable pour pérenniser cette croissance à long terme.