Bloomberg : comment le Maroc prépare un boom hôtelier historique de 4 milliards pour 2030
Pour préparer la Coupe du monde 2030, le Maroc déploie un vaste plan d’investissement de 4 milliards de dollars. L’objectif est d’augmenter la capacité hôtelière d’un cinquième et de consolider sa place de leader touristique en Afrique.
Cette course contre la montre vise à créer 25 000 nouvelles chambres à travers les grandes villes du pays. Selon les informations de Bloomberg, les trois quarts de ces 700 chantiers seront financés par des capitaux nationaux, tandis que les enseignes internationales géreront au moins 15 % de cette nouvelle offre. Imad Barrakad, directeur de l’agence de développement touristique marocaine (SMIT), décrit cette dynamique comme « l’une des expansions les plus importantes jamais entreprises […], tant par son ampleur que par son rythme ».
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Cette offensive infrastructurelle s’appuie sur des fondations très solides. Première destination du continent pour la deuxième année consécutive, le Maroc a attiré près de 20 millions de visiteurs en 2025, générant environ 14,8 milliards de dollars de recettes. Des villes historiques comme Marrakech, Fès et Tanger se préparent ainsi à absorber l’afflux massif attendu pour le tournoi mondial co-organisé avec l’Espagne et le Portugal.
Malgré la guerre en Iran, le secteur affiche une forte résilience. Éloignés des tensions du Golfe, les investissements marocains ne subissent aucun impact direct, l’agence Cirium ne recensant que 162 vols annulés entre fin février et fin mars. L’industrie touristique, qui emploie 900 000 personnes et pèse pour 9 % du PIB, fait figure d’amortisseur vital face à la flambée des coûts de l’énergie, alors que le FMI anticipe une croissance économique de 4,4 % cette année.
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Si Imad Barrakad concède que le contexte mondial pourrait freiner certains flux de capitaux ou augmenter les coûts de construction, il réaffirme le changement de paradigme du pays. Le développement délaisse la simple course aux chiffres pour une approche axée sur la qualité. « Le Maroc se soucie moins de convaincre tout le monde et se concentre davantage sur l’attraction des bons investisseurs, pour les bons projets, avec une vision à long terme », conclut-il.