Le record des 20 millions n’est pas un hasard : le Maroc bascule dans une nouvelle ère touristique
Le secteur touristique marocain entre dans une ère nouvelle en privilégiant désormais la qualité de l’expérience et la valeur générée par chaque visiteur. Avec un record historique de près de 20 millions de touristes accueillis en 2025, le Royaume confirme que sa stratégie porte ses fruits. Imad Barrakad, directeur général de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), souligne que cette performance n’est pas le fruit du hasard mais d’une vision structurelle profonde.
Le passage du cap des 20 millions d’arrivées marque une étape majeure dans le développement du pays. Selon Imad Barrakad, interrogé par Le Matin, « l’atteinte du seuil historique de près de 20 millions d’arrivées aux frontières en 2025 n’est pas un simple effet conjoncturel ». Elle résulte d’un travail de fond sur la capacité d’accueil, qui dépasse désormais les 300 000 lits classés, et d’une montée en gamme significative. Le parc hôtelier a ainsi progressé de plus de 14 %, avec une concentration notable sur les établissements de luxe et les catégories supérieures, répondant aux attentes d’une clientèle internationale de plus en plus exigeante.
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L’un des changements les plus marquants réside dans la philosophie même de l’investissement. Le Maroc ne se contente plus d’augmenter ses capacités de couchage, il cherche à maximiser la valeur ajoutée de chaque séjour. « La transformation du modèle touristique marocain vers une logique de valeur par visiteur implique avant tout une évolution profonde de l’offre », explique le directeur de la SMIT. Cette stratégie s’appuie sur la diversification territoriale et le soutien aux petites et moyennes entreprises (TPME) pour créer des expériences locales authentiques, notamment à travers la gastronomie ou le gaming.
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L’animation touristique est devenue le pilier central pour prolonger la durée de séjour et augmenter les dépenses sur place. La SMIT distingue désormais deux axes : les grands projets structurants et la « petite animation » portée par des initiatives locales. Cette approche permet de concilier des infrastructures d’envergure internationale avec des projets à taille humaine, garantissant un impact social et économique direct sur les territoires. Le but est de créer un écosystème où l’offre touristique elle-même devient la principale motivation du voyage, dépassant le simple attrait du climat.
La perspective de la Coupe du monde 2030 agit comme un accélérateur puissant pour l’ensemble du secteur. Au-delà de l’événement sportif, c’est toute l’infrastructure nationale qui se transforme, du TGV Tanger-Marrakech à l’extension des aéroports. « Notre objectif est de faire en sorte que tous ces projets laissent une empreinte durable sur le tourisme », affirme Imad Barrakad. Cette dynamique attire déjà de nouvelles marques internationales et consolide la position du Maroc comme une destination compétitive, résiliente et prête à accueillir 26 millions de visiteurs à l’horizon 2030.