L’avertissement du FMI au Maroc derrière l’euphorie des grands projets
Depuis 2005, l’infrastructure génère 20 % de la croissance marocaine selon le FMI. Le pays accélère ses investissements pour atteindre 12 % du PIB annuel d’ici 2030, visant un bond économique majeur malgré les défis liés à la dette publique.
L’infrastructure est devenue le socle du développement économique marocain. Depuis le milieu des années 2000, les ports, les transports et les télécoms ont dopé la productivité nationale. Le FMI estime que ces améliorations ont contribué à près d’un cinquième de la croissance productive du pays, surpassant les performances de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Le port Tanger Med, désormais plus grande infrastructure portuaire d’Afrique et de Méditerranée, symbolise cette montée en puissance de la connectivité maritime mondiale.
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Le Royaume prévoit désormais une accélération majeure de ses investissements publics jusqu’à 2030. Près de 12 % du PIB annuel sera alloué à la modernisation des chemins de fer, des aéroports, des routes et des stades. Ces chantiers massifs visent notamment la préparation de la Coupe du monde 2030. Les entreprises publiques porteront l’essentiel du financement via des prêts concessionnels, complétés par l’appui budgétaire de l’État et des autorités locales.
L’impact sur l’économie réelle s’annonce significatif à moyen terme. L’analyse du FMI prévoit une hausse du PIB réel de 2 % d’ici 2030, et de 3 % après 2031 grâce aux gains de productivité. Ce dynamisme s’accompagne toutefois d’un défi financier : la dette publique devrait augmenter de 7 à 8 % du PIB d’ici 2030. Elle ne devrait refluer que progressivement, soutenue par les recettes d’utilisation des nouvelles infrastructures et une croissance économique renforcée.
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Pour garantir un développement durable, la gestion rigoureuse des coûts et de l’efficacité sera cruciale. Le rapport met en garde contre les risques de dépassements de budget et les charges de maintenance. Une efficacité maximale des dépenses pourrait booster le PIB à long terme jusqu’à 4 %. Pour réussir son pari, le pays doit « surveiller étroitement la dette hors bilan » et intégrer pleinement l’entretien des ouvrages dans ses budgets futurs afin de protéger ses finances publiques.