Une menace plane sur plus d’un million d’emplois au Maroc

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

L’intelligence artificielle s’apprête à bouleverser le marché du travail au Maroc. D’ici 2030, plus d’un million d’emplois pourraient disparaître. Face à ce choc technologique, le pays souffre d’un déficit majeur de formation pour accompagner cette transition.

La mutation s’annonce brutale. D’après un rapport diffusé ce mercredi par le Centre africain pour les études stratégiques et la digitalisation (CAESD), l’intelligence artificielle va profondément recomposer les chaînes de valeur. À l’horizon 2030, environ 4,6 millions de postes seront impactés. Si 180 000 emplois numériques pourraient voir le jour, 1,5 million de fonctions subiront une pression directe, entraînant un solde net négatif estimé à 1,32 million de travailleurs. Cette tendance devrait même s’aggraver d’ici 2035 avec une perte nette prévue à 2,45 millions de postes, sous l’effet d’une robotisation de plus en plus avancée.

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Cette vague technologique ciblera massivement les tâches cognitives et administratives standardisées. Les activités d’externalisation (BPO) sont les plus exposées au changement avec près de 30 % de risque, devant les banques et assurances (22 %), l’industrie automobile (15 %) et le textile (14 %). Sur le plan social, les femmes verront jusqu’à 400 000 de leurs postes menacés. Les jeunes sont également pénalisés par l’érosion des emplois d’entrée, une situation critique alors que le chômage frappe déjà 37,2 % des 15-24 ans. L’étude précise que le niveau d’études n’offre plus de protection absolue, 17 % des diplômés se retrouvant vulnérables face à ces nouveaux outils.

Pour répondre à cette urgence, le système éducatif peine fortement à s’adapter. Actuellement, le royaume forme à peine 22 000 profils numériques par an, bien loin des 250 000 à 480 000 reconversions annuelles jugées nécessaires d’ici la fin de la décennie. Ce décalage creuse un déséquilibre majeur entre les besoins des entreprises et les compétences disponibles sur le marché. L’intégration de ces technologies est d’autant plus complexe que 67,6 % des actifs marocains évoluent dans le secteur informel, limitant drastiquement leur accès à la formation continue et à des emplois plus stables.

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Pour éviter une crise sociale et le maintien dans des tâches à faible productivité, les experts préconisent une ingénierie nationale basée sur des formations courtes ciblées, ainsi qu’un renforcement des mécanismes de protection sociale. L’objectif est d’enrichir les fonctions d’entrée et de créer un écosystème technologique souverain : le « AI Made in Morocco ». Cette vision rejoint les orientations d’un livre blanc de l’UNFPA présenté à Rabat par Cornelia C. Walther et Aawatif Hayar, un document stratégique qui plaide pour un investissement humain massif et une gouvernance éthique des données au service d’un développement inclusif.

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