Maroc : l’impôt sur les sociétés parmi les plus élevés au monde

- 22h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

Le Maroc applique un taux maximal d’impôt sur les sociétés de 35 %, l’un des quatre plus élevés recensés en 2026 par l’OCDE. Il dépasse nettement la moyenne observée dans les 146 juridictions étudiées.

L’Organisation de coopération et de développement économiques place le Maroc parmi les pays affichant les taux légaux maximaux d’impôt sur les sociétés les plus élevés.

Sur Bladi.net : Impôt sur les sociétés : le Maroc devient presque champion du monde

Selon le rapport officiel Corporate Tax Statistics 2026 de l’OCDE, le taux marocain atteint 35 %. Le Royaume se retrouve au même niveau que la Colombie et Malte, derrière la France, dont le taux atteint exceptionnellement 36,1 % en 2026 en raison d’une surtaxe temporaire.

Sur les 146 juridictions analysées, seules 25 appliquent un taux légal égal ou supérieur à 30 %. La moyenne générale s’établit à 21,2 %, soit près de 14 points de moins que le taux maximal retenu pour le Maroc.

Le niveau marocain dépasse également largement la moyenne des 27 juridictions africaines, établie à 26,6 %. La moyenne atteint 24,2 % dans les pays de l’OCDE, 21,1 % en Amérique latine et dans les Caraïbes, et 20,6 % en Asie-Pacifique.

Le Maroc fait en outre partie des quatre juridictions ayant relevé leur taux légal d’un point entre 2025 et 2026, avec la Corée du Sud, la Lituanie et Saint-Marin. À l’échelle mondiale, les taux d’imposition des entreprises sont pourtant restés globalement stables depuis 2020, après deux décennies de baisse.

Les 35 % ne concernent pas toutes les entreprises

Ce classement doit toutefois être interprété avec prudence. L’OCDE précise que son indicateur retient le taux légal standard et, lorsqu’un pays applique une imposition progressive, le taux marginal le plus élevé.

Le chiffre de 35 % ne signifie donc pas que toutes les entreprises marocaines versent plus du tiers de leurs bénéfices à l’État. Le taux applicable peut varier selon la taille de la société, son niveau de bénéfice, son activité ou le régime fiscal dont elle relève.

Le rapport rappelle également que les taux affichés ne tiennent pas compte de toute la complexité des systèmes fiscaux : exonérations, régimes préférentiels, avantages sectoriels, zones économiques spéciales ou règles destinées aux petites et moyennes entreprises. Ils ne permettent donc pas, à eux seuls, de mesurer la charge fiscale réellement supportée.

L’exemple de Malte illustre cette limite. Malgré un taux légal de 35 %, les investisseurs peuvent récupérer jusqu’aux six septièmes de l’impôt payé grâce à un mécanisme de remboursement. En France, le taux de 36,1 % résulte pour sa part d’une surtaxe exceptionnelle applicable en 2026.

Le taux maximal marocain reste néanmoins très supérieur aux moyennes internationales et constitue un indicateur surveillé par les entreprises lorsqu’elles comparent l’environnement fiscal des différents pays.