Maroc : comment un médecin a transformé ses patientes en esclaves sexuelles

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Le tribunal de Fès a condamné lundi un psychiatre à 20 ans de prison pour avoir drogué et violé dix de ses patientes. L’affaire, mêlant soumission chimique et soirées libertines, a profondément choqué l’opinion publique marocaine.

La condamnation du psychiatre S. I. a été prononcée lundi soir par un tribunal de Fès, après un procès révélant un « mémorial d’horreurs ». Le médecin était accusé d’avoir utilisé sa fonction pour droguer et violer ses patientes, les soumettant à une exploitation sexuelle et à une dépendance forcée à la cocaïne et à l’héroïne.

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L’affaire a éclaté après que l’épouse du praticien a découvert des vidéos compromettantes sur son téléphone portable. Ces enregistrements, montrant des scènes de sexe collectif et des « actes déviants » au domicile conjugal, ont servi de base à une enquête de grande envergure mettant au jour l’un des plus graves cas d’abus médicaux dans le pays.

Plusieurs complices ont également été condamnés, notamment un photographe à six ans de prison et un cousin du médecin, chargé de fournir les stupéfiants, à cinq ans. Un infirmier ainsi que le propriétaire d’un riad, où étaient organisées des « soirées libertines », ont écopé de peines d’un an d’incarcération.

Procès du psychiatre de Fès et crimes de soumission chimique

Lors de l’audience, une victime a décrit comment le psychiatre l’avait soumise à des rituels et des sortilèges présentés comme une thérapie. « J’avais un profond sentiment de peur », a-t-elle témoigné face aux juges, tandis que le médecin lui assurait de façon répétée qu’elle était « en sécurité ».

Le dossier d’instruction révèle que le spécialiste prescrivait volontairement des drogues hallucinogènes à ses patientes jusqu’à ce qu’elles deviennent dépendantes pour mieux les contrôler. L’une des victimes a déclaré avoir dû vendre son propre appartement afin de financer sa consommation de stupéfiants imposée par le médecin.

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Au Maroc, seules 3 % des victimes osent porter plainte. Dans une société formellement conservatrice, la peur d’être poursuivie pour « fornication » ou adultère reste un obstacle majeur à l’accès à la justice pour les femmes agressées.