Le Maroc ouvre des usines, mais sa facture d’importation s’alourdit de 103 milliards de dirhams
Le Maroc multiplie les inaugurations industrielles, notamment dans l’automobile et l’aéronautique. Pourtant, ses importations ont augmenté de 17 % sur les neuf premiers mois de 2026, contre 10,7 % pour ses exportations. Les chiffres officiels révèlent le poids des équipements, de l’énergie et des matières premières dans ce déséquilibre.
À Kénitra, l’équipementier allemand Benteler a inauguré fin juin une usine de composants automobiles, créant plus de 300 emplois. À Settat, le sud-coréen SEOIL vient d’ouvrir une unité capable de fabriquer six milliards de pailles par an, dont 95 % destinées à l’exportation. Ces nouvelles implantations illustrent l’expansion industrielle du royaume, tandis que sa facture extérieure continue de s’alourdir.
Sur Bladi.net : Le Maroc exporte davantage, mais ses achats à l’étranger augmentent encore plus vite
Selon les données de l’Office des changes, les importations marocaines ont atteint 707,99 milliards de dirhams entre janvier et septembre 2026, soit 102,64 milliards supplémentaires en un an. Les exportations progressent également, mais de seulement 36,97 milliards, pour atteindre 384,05 milliards de dirhams. Résultat : le déficit commercial se creuse de 25,4 %, à 323,94 milliards de dirhams.
Machines, énergie et matières premières alourdissent la facture
Les achats de biens d’équipement ont augmenté de plus de 31 milliards de dirhams, atteignant 173,38 milliards. Cette catégorie comprend notamment les pièces d’avions, les machines industrielles et différents équipements utilisés dans les activités productives.
La facture énergétique augmente presque autant, avec quelque 30 milliards de dirhams supplémentaires. Elle atteint 111,6 milliards, principalement sous l’effet du renchérissement du gasoil et du fioul. Pour ces deux carburants, les prix à l’importation ont progressé de 47,5 %, contre seulement 2,4 % pour les quantités achetées.
Les performances des filières exportatrices contrastent avec cette hausse des dépenses. L’automobile a vendu pour 132,11 milliards de dirhams à l’étranger, en progression de 14,3 %. L’aéronautique affiche une croissance de 22,3 %, avec 26,22 milliards de dirhams d’exportations. Les phosphates et dérivés restent presque stables, à 74,65 milliards.
Autre poste en forte augmentation : les produits bruts, dont les importations progressent de 60,9 %, à 52,06 milliards de dirhams. Cette hausse, proche de 20 milliards, provient notamment des achats de soufre, indispensable à la transformation du phosphate marocain en engrais. Ensemble, les équipements, l’énergie et les produits bruts représentent près de 79 % des importations supplémentaires enregistrées sur neuf mois.
Sur Bladi.net : Le Maroc a le phosphate, mais il lui manque le soufre
Le décalage entre achats et ventes se retrouve dans le taux de couverture du commerce extérieur. À fin septembre 2025, les exportations marocaines représentaient 57,3 % de la valeur des importations. Un an plus tard, cette proportion est tombée à 54,2 %, soit 3,1 points de moins.