Le Maroc a les phosphates, mais la guerre dans le Golfe grippe la filière
Les mines et la chimie marocaines ont fortement reculé au deuxième trimestre 2026. Selon Oxford Economics, le conflit dans le Golfe a pesé sur l’activité minière. Pour fabriquer ses engrais, le Maroc dépend aussi de matières premières importées dont l’approvisionnement est perturbé.
« Le secteur minier a connu un trimestre terrible en raison du conflit dans le Golfe », estime le cabinet, cité par El Economista. Le quotidien espagnol revient sur le ralentissement de l’économie marocaine à partir des comptes nationaux publiés le 30 septembre.
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La valeur ajoutée des industries extractives a chuté de 28,6 % sur un an. Dans la chimie, l’indice de production accuse une baisse de 29,5 %. Ces deux indicateurs mesurent des évolutions différentes, mais témoignent du mauvais trimestre traversé par ces branches industrielles.
Leur recul pèse sur l’ensemble de l’économie. La croissance nationale s’est établie à 4 %, contre 5,8 % au deuxième trimestre 2025. L’agriculture a pourtant progressé de 21,2 %. Les activités non agricoles, elles, n’ont augmenté que de 1,5 %, selon le Haut-Commissariat au Plan.
Le soufre et l’ammoniac restent indispensables
La difficulté tient notamment à la transformation du phosphate. Le Maroc dispose d’immenses réserves de roche, mais sa filière d’engrais a également besoin de soufre et, pour certains produits, d’ammoniac. Une partie de ces approvisionnements dépend du Golfe et de ses routes maritimes.
Le soufre permet de fabriquer l’acide sulfurique utilisé pour transformer la roche phosphatée en acide phosphorique. L’ammoniac entre ensuite dans la composition de certains engrais. Les tensions autour du détroit d’Ormuz affectent donc des étapes essentielles de la production marocaine, même lorsque le minerai est disponible localement.
El Economista décrit des matières premières plus coûteuses et des flux perturbés par le conflit. Ces difficultés s’ajoutent au recul de plusieurs autres branches, notamment l’habillement et les équipements informatiques. L’automobile et l’agroalimentaire continuent de progresser, sans compenser la contraction de l’ensemble du secteur secondaire.
OCP avait déjà adapté sa production à ces contraintes. Le groupe a constitué des stocks de soufre et privilégié davantage le superphosphate triple, ou TSP, qui consomme moins de soufre par tonne produite et ne nécessite pas d’ammoniac.
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Pour réduire durablement sa dépendance aux importations, OCP travaille également sur des projets de récupération de pyrite et de pyrrhotite. Leur mise en service est prévue à partir de 2027.