Le Maroc face au choc pétrolier : l’économie menacée par l’embrasement du Moyen-Orient

- 07h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

L’embrasement du Moyen-Orient fragilise l’économie marocaine, fortement dépendante de ses importations énergétiques. Cette crise géopolitique menace l’approvisionnement en hydrocarbures du royaume et fait peser un risque majeur sur sa filière des phosphates.

Le Maroc importe 98 % de ses besoins énergétiques, disposant de réserves stratégiques limitées à une vingtaine de jours. L’objectif de croissance nationale pour 2026 reposait initialement sur une conjoncture favorable incluant un baril de pétrole estimé à 65 dollars.

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Face à l’envolée globale des prix, le pays s’est massivement tourné vers le brut russe abordable, qui constitue aujourd’hui 60 % de ses importations. Le Point note que cette dépendance expose Rabat aux risques environnementaux liés à l’utilisation de flottes fantômes naviguant en Méditerranée.

L’inquiétude gagne également le secteur agricole, particulièrement dépendant du soufre. Cet intrant, importé à 45 % depuis les pays du Golfe, est indispensable pour transformer le phosphate brut en engrais commercialisables.

Bien que le royaume détienne plus de la moitié des réserves mondiales de phosphate, la visibilité sur la production future reste floue. Un consultant rappelle d’ailleurs que « l’Office Chérifien des Phosphates ne communique pas sur l’état des stocks et ce n’est pas une compétence de l’État de constituer des stocks stratégiques ».

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Sans ces garanties, l’incertitude entourant la durée du conflit irano-israélien risque de désorganiser durablement la chaîne d’approvisionnement agricole. La gestion de cette crise des matières premières devrait s’imposer comme une urgence absolue pour le gouvernement et les acteurs économiques dès la fin des festivités de l’Aïd-el-Fitr.