L’Inde appelle le Maroc à la rescousse pour sauver ses récoltes

- 00h00 - Monde - Ecrit par : Jalil Laamoudi

Menacée par des pénuries d’engrais à l’approche des semis estivaux, l’Inde cherche à sécuriser ses approvisionnements. Face aux tensions au Moyen-Orient et aux restrictions chinoises, New Delhi négocie activement de nouveaux volumes, notamment avec le Maroc.

L’Inde, l’un des principaux importateurs mondiaux de fertilisants, anticipe la saison estivale qui voit exploser la demande pour les cultures de riz, de maïs ou de coton. Pour éviter toute rupture de stock en juin et juillet, le pays a entamé des discussions stratégiques avec le Maroc, la Russie et la Biélorussie afin de gonfler ses achats, comme le rapporte l’agence Reuters.

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Cette offensive commerciale s’explique par une conjoncture géopolitique très instable. Le Moyen-Orient, qui fournit habituellement la moitié de l’urée et du phosphate diammonique (DAP) indiens via l’Arabie saoudite et Oman, est secoué par un conflit majeur. Les menaces iraniennes de frappes sur les navires traversant le détroit d’Ormuz, en réponse aux attaques américano-israéliennes, perturbent également les livraisons qataries de gaz naturel liquéfié, indispensable à la production locale d’urée. S’ajoutent à cela les restrictions d’exportation imposées par la Chine.

Bien que les autorités indiennes assurent ne subir aucun déficit immédiat, l’inquiétude grandit en coulisses. « Nous avons plus de stocks que l’année dernière, mais si la guerre se prolonge, la situation pourrait se tendre », confie une source gouvernementale, justifiant l’urgence d’importer davantage. L’Inde, dont le secteur agricole très réglementé s’appuie sur des négociations collectives et des achats subventionnés, envisage même de solliciter l’Indonésie comme modeste fournisseur de repli.

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C’est l’approvisionnement en urée, l’engrais le plus utilisé au pays, qui cristallise les plus vives tensions. Le gouvernement est contraint d’intervenir pour garantir au moins 70 % des besoins en gaz de ses usines. L’impact financier de cette crise est d’ailleurs déjà palpable : un responsable d’une entreprise productrice de Bombay souligne qu’avant la guerre, l’urée affichait une offre abondante à moins de 425 dollars la tonne, contre des prix dépassant les 600 dollars aujourd’hui.