Maroc : Pierre Robert a été condamné à la prison à perpétuité

- 09h59 - Maroc - Ecrit par :

Lors de son procès, le Français converti à l’islam n’a cessé de clamer son innocence et a affirmé avoir travaillé pour le contre-espionnage français, ce que le ministère de l’intérieur a démenti.

Le Français Pierre Robert a été condamné, jeudi 18 septembre, à la prison à perpétuité par la justice marocaine pour son implication dans des activités terroristes. "On est soulagés qu’il n’ait pas été condamné à mort", a déclaré son avocat, Vincent Courcelle-Labrousse, ajoutant qu’il interjetterait appel du verdict. Le parquet réclamait la peine capitale pour six accusés, dont Pierre Robert.

Deux autres accusés ont été condamnés à la prison à perpétuité. Un prévenu a été condamné à trente ans de prison pour atteinte à la sécurité de l’Etat, complot criminel et possession d’arme. Un autre a été acquitté de toutes les charges qui pesaient contre lui. Les autres condamnations vont de trois mois à vingt ans de prison.

Pierre Robert est resté silencieux à l’énoncé du verdict tandis que certains des 33 autres accusés ont hurlé "Allahou Akbar" (Dieu est le plus grand), en brandissant le poing.

Agé de 32 ans et converti à l’islam, Pierre Robert, qui vit au Maroc depuis 1996, est marié à une Marocaine et réside à Tanger. Il était accusé d’avoir planifié des attentats et d’avoir organisé et participé à des entraînements pour l’utilisation d’armes à feu au Maroc.

"PRESSIONS" ET "TORTURE"

Lors de son procès, il n’a pas cessé de clamer son innocence et a affirmé avoir travaillé pour le contre-espionnage français, ce que le ministère français de l’intérieur a démenti. Me Courcelle-Labrousse avait quant à lui affirmé mardi, dans un plaidoyer lu devant le tribunal par un avocat marocain, que l’accusation n’avait aucune preuve matérielle et qu’aucun témoignage ne corroborait ses accusations, si ce n’est des déclarations de l’accusé à la police, dont Robert a dit qu’elles lui avaient été arrachées sous la torture.

Pierre Robert avait été arrêté à la suite des attentats de Casablanca le 16 mai, dans lesquels ont péri 33 personnes en plus de 12 kamikazes, mais n’était pas accusé d’implication directe dans ces actions, imputées par les autorités au mouvement islamiste du Djihad salafiste.

Le 19 août, un tribunal de Casablanca avait condamné à mort quatre Marocains reconnus coupables d’implication directe dans la préparation des attentats du 16 mai.

lemonde.fr avec Reuters

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