Pendant que le Maroc se rapproche des États-Unis et d’Israël, les Canaries appellent l’Europe à l’aide

- 16h00 - Monde - Ecrit par : L.A

Le rapprochement du Maroc avec les États-Unis et Israël inquiète le gouvernement des Canaries. Face au poids croissant de son voisin dans l’Atlantique et en Afrique de l’Ouest, l’exécutif régional demande à l’Union européenne de renforcer sa présence diplomatique et ses investissements.

Cette position figure dans une réponse au député Mario Cabrera, de Coalición Canaria, rapportée ce lundi 5 octobre par Atlántico Hoy. Daté du 21 septembre et publié au Parlement le 30 septembre, le document décrit un Maroc dont les alliances renforcent les capacités militaires, mais aussi l’influence économique à proximité de l’archipel.

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Le gouvernement canarien suit notamment la coopération de défense avec Washington et les technologies fournies par Israël : surveillance, défense aérienne et renseignement. Il replace ce rapprochement dans la continuité de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara en 2020 et de la normalisation entre Rabat et Israël.

Pour les îles, l’inquiétude porte surtout sur la concurrence économique. L’exécutif cite les ports, la logistique, le tourisme, les énergies renouvelables et la pêche parmi les activités où les ambitions marocaines pourraient modifier les équilibres régionaux.

Dakhla, un concurrent qui attire aussi Washington

Le futur port de Dakhla occupe une place importante dans cette analyse. Le gouvernement canarien retient une mise en service en 2028 et y voit un concurrent appelé à gagner en puissance. L’infrastructure doit donner au Maroc un nouveau débouché maritime vers l’Afrique de l’Ouest, accompagné d’activités industrielles et logistiques.

Ce chantier intéresse également les Américains. Le 1er septembre, l’ambassade des États-Unis avait annoncé la visite de hauts responsables militaires à Dakhla Atlantique. Les échanges avaient porté sur les infrastructures maritimes, la connectivité régionale et les priorités sécuritaires communes. Une délégation économique et politique avait déjà découvert le site le 15 août.

Cette succession de visites intervient alors que les inquiétudes canariennes autour du port remontent à plusieurs années. Dès 2019, son développement suscitait des interrogations dans l’archipel sur la concurrence pour les activités maritimes.

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Dans sa réponse, le gouvernement régional insiste aussi sur la nécessité de préserver la coopération avec Rabat. Il souligne les résultats obtenus contre l’immigration irrégulière, tout en estimant que les arrivées massives à Sebta ont compliqué les relations de voisinage.

C’est dans ce contexte qu’il réclame « davantage d’Europe en Afrique de l’Ouest ». L’exécutif demande des investissements, une présence diplomatique accrue et une politique européenne qui s’intéresse aux pays africains au-delà des seules arrivées de migrants. Il propose que les Canaries servent de point d’appui à cette présence.