Tanger Med n’est plus seulement un rival : il oblige les Canaries à changer de modèle
Les Canaries ont longtemps bénéficié de leur position entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. L’essor des infrastructures marocaines remet cet avantage en question, estime une tribune espagnole. Pour conserver leurs escales, les ports de l’archipel doivent aussi convaincre les armateurs par leurs équipements et leurs services.
Être sur la route des navires ne suffit pas à les faire accoster. C’est l’avertissement adressé aux Canaries par Miguel Espinoso dans une tribune publiée le 7 octobre par Agencia6. Face au développement portuaire marocain, la position de l’archipel ne garantirait plus, à elle seule, son rôle d’escale entre trois continents.
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La concurrence de Tanger Med repose sur un ensemble d’infrastructures : des terminaux, des connexions avec les lignes maritimes internationales et des zones industrielles liées au port. Ce modèle associe la manutention des marchandises aux activités de production et de logistique implantées à proximité.
Son poids s’est encore renforcé en 2025. Les terminaux ont traité 11,1 millions d’équivalents vingt pieds, l’unité de référence du trafic de conteneurs, soit une hausse de 8,4 %. Le tonnage total a atteint 161 millions de tonnes, selon Tanger Med Port Authority.
À Las Palmas et Santa Cruz de Tenerife, l’auteur met en cause la lenteur administrative, le manque de coordination et des choix d’investissement insuffisamment affirmés. Selon lui, ces obstacles limitent la capacité des ports à tirer parti de leurs équipements et de leur situation géographique.
Le pari de la spécialisation
Le débat porte sur les services capables de retenir les compagnies. La tribune propose de concentrer les efforts canariens sur la logistique frigorifique, les croisières, la réparation navale et certaines liaisons africaines. L’archipel pourrait ainsi développer des activités complémentaires de celles des ports marocains.
Le temps compte dans cette compétition. Les armateurs organisent leurs réseaux et leurs investissements sur de longues périodes. Une fois leurs escales consolidées autour de certains ports, les déplacer devient coûteux. Espinoso appelle donc les autorités régionales et portuaires à coordonner leurs décisions.
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Cette pression concurrentielle coexiste avec une activité canarienne en croissance. Les cinq ports gérés par l’Autorité portuaire de Las Palmas ont enregistré 36,5 millions de tonnes en 2025, près de 15 % de plus qu’en 2024, rapporte RTVC.
Leur trafic de conteneurs a progressé de 16,28 %, à 1,55 million d’équivalents vingt pieds. Il s’agit du niveau le plus élevé de la série statistique remontant à 2011.