En 2009, l’Etat pourrait céder des parts dans Maroc Telecom

- 23h40 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le ministre des finances, Salaheddine Mezouar, devait se réunir avec la majorité, au cours de la dernière semaine de Ramadan, pour l’informer du contenu du projet de Loi de finances 2009 et voir sa réaction, sinon écouter ses propositions, à propos notamment du volet fiscal du projet.

On le sait, la « majorité » est divisée sur cette question, et l’année dernière, on s’en souvient, l’USFP avait failli voter contre la Loi de finances 2008. Les députés de cette formation ne sont rentrés dans le rang qu’après avoir obtenu l’engagement du gouvernement que leurs propositions allaient être reprises dans le Budget 2009.

Jusqu’au lundi 29 septembre, au moins, les principales propositions fiscales du projet de Budget 2009 se « réduisaient » à une baisse de l’impôt sur le revenu (IR) de deux points et une taxation de certains produits et services, ou le relèvement de la TVA pour d’autres. En réalité, seule la baisse de l’IR est acquise.

La suppression de certaines exonérations, donc la soumission à TVA de certains produits, bien qu’entrant dans le cadre d’un processus lancé depuis quelques années déjà et devant sans doute se poursuivre à l’avenir (engagement avec l’Union européenne oblige), semble déplaire, y compris dans les rangs de la majorité.

On le sait désormais, certains ministres ne sont pas d’accord pour taxer ou augmenter la taxe existante s’agissant de produits qu’ils considèrent comme « sensibles ». En particulier dans un contexte comme l’actuel, marqué par une montée de l’inflation, obligeant d’ailleurs Bank Al Maghrib à revoir à la hausse son taux directeur de 25 points de base.

La réunion qui devait avoir lieu cette semaine avec la majorité était censée justement aborder, entre autres, cette question. L’autre point qui a fait problème l’an dernier, et qui risque de se reposer dans les mêmes termes cette année, est l’impôt sur les sociétés (IS) propre à la PME-PMI, que l’USFP, en particulier, tente de faire passer, persuadée que le tissu économique en a bien besoin et que, de surcroît, une telle mesure a un fort contenu éthique.

« Comment accepter, et au nom de quel principe, un impôt qui frappe uniformément, indistinctement une entreprise qui fait 500 millions de dirhams ou même plusieurs milliards de dirhams de bénéfice, et celle qui peine à atteindre 500 000 dirhams ? », confie ainsi à La Vie éco un député USFP. « Cette réforme de l’IS, nous y tenons ; et il n’y a pas de raisons pour que le gouvernement la repousse. En tout cas, nous nous battrons pour la faire passer », prévient le même député.

IS pour la PME-PMI, l’USFP veut remettre ça

Le gouvernement veut bien, lui, mettre en place un IS adapté à la PME-PMI, ou encore surseoir à la réforme de la fiscalité dérogatoire. La question est moins une question de principe que d’opportunité, selon un ministre. Par opportunité, ce dernier entend toutes les charges budgétaires supplémentaires (plan d’urgence de l’Education nationale, plan Ibhar de la pêche, mise à niveau des services de sécurité, santé, renforcement du budget de la jeunesse et des sports, celui de l’administration pénitentiaire)) qui supporteraient mal un « renoncement » à des recettes du fait de la baisse de l’IS ou encore de la persistance de certaines exonérations ou abattements.

Le même raisonnement est mis en avant s’agissant du « report » de la baisse du taux de droit commun de la TVA, comme nous l’annoncions dans notre précédente édition (voir La Vie éco du 26 septembre).

Le déficit budgétaire ne devrait pas dépasser 3% du PIB

Bien qu’encore provisoires, certains chiffres avancés par le ministère des finances mettent en évidence, en effet, l’effort budgétaire consenti. Ainsi, et sous réserve des modifications qui peuvent toujours intervenir en dernière minute, le budget d’investissement se monte à quelque 40 milliards de DH, contre 36 milliards dans le Budget 2008.

La masse salariale, quant à elle, atteint 70 milliards de DH, soit cinq milliards de plus qu’en 2008. Cette forte progression de l’enveloppe dédiée aux salaires, après une stagnation et même un recul avec les départs volontaires à la retraite, s’explique, bien sûr, par les revalorisations découlant du dialogue social, et qui se traduisent à la fois par des augmentations directes et/ou par le truchement de la baisse de l’IR.

Le gouvernement espère en fait que l’excellent comportement des recettes fiscales se poursuivra pour tenir ses engagements, mais compte aussi céder certaines participations publiques pour ne pas trop compromettre son objectif d’un déficit à 3%. Une source bien informée confie qu’outre l’ouverture supplémentaire du capital de la BCP, ou la privatisation de la Sonacos, « il est surtout question de vendre, en cas de besoin, une partie des parts de l’Etat dans Maroc Telecom. Mais, une fois de plus, rien n’est définitivement tranché ».

Hypothèse, certes, mais avec un taux de probabilité élevé au vu des contraintes qui pèsent sur le Budget. En tenant compte d’une capitalisation boursière de 120 milliards de DH, 5% seulement de Maroc Telecom devraient rapporter 6 milliards de DH, soit 3% du Budget normal.

Pour l’heure, on en est encore aux... arbitrages. Arbitrage, arbitrage ! Tout le monde affectionne ce mot depuis quelque temps, pour relativiser une information ou, souvent..., pour ne pas en donner du tout.

Source : La vie éco - Salah Agueniou

  • Le gouvernement adopte le projet de Loi de finances 2009

    Le projet de loi des finances 2009 a été adopté mardi par le Conseil du gouvernement. Le projet, présenté par le ministre de l'Economie, Salaheddin Mezouar, est maintenant aux mains du parlementaires qui devront l'approuver.

  • Loi de finances 2009, les premières indiscrétions

    A quoi ressemblera la Loi de finances pour 2009 ? Quelles mesures phares le gouvernement El Fassi compte-t-il prendre, dans la perspective des élections de 2009 ? Comment s'y prendra-t-il pour encourager la demande tout en renforçant l'offre ?

  • Les ministres invités à réduire les dépenses de fonctionnement de 4%

    Ayant prévu, au départ, des charges de compensation à hauteur de 20 milliards de DH, le gouvernement a dû, à mi-chemin, « recadrer les choses » pour pouvoir continuer à subventionner les produits de « première nécessité » : carburants, blé, sucre, notamment.

  • Abbas El Fassi revoit la croissance à la baisse

    Trop beau pour être parfait. La sortie médiatique savamment préparée du Premier ministre Abbas El Fassi sur Al Oula, jeudi dernier, devait rassurer sur la bonne tenue de l'économie du pays ainsi que la bonne marche du processus de moralisation et de démocratisation de la vie politique. Tout était bien ficelé.

  • Les recettes fiscales en hausse de 24% en 2008

    Le comportement des recettes fiscales ne cesse de surprendre, dans le bon sens du terme. Dans la Loi de finances 2008, on avait prévu 131,2 milliards de dirhams de recettes fiscales pour l'ensemble de l'exercice. A fin novembre, on avait récolté 151,2 milliards de dirhams, soit une progression de 24,3% par rapport aux onze premiers mois de 2007 et un taux de réalisation de 115,2 % par rapport aux prévisions de toute l'année 2008.

  • Les radars fixes seront activés en 2009

    Dès 2009, les automobilistes devront apprendre à composer avec les radars fixes. Les excès de vitesse sur les routes et autoroutes du Maroc seront réellement verbalisés dès janvier. Le vide juridique sera comblé par une disposition intégrée dans la loi de Finances de l'année prochaine.

  • Plus de 34 milliards de Dirhams pour l'armée

    La loi des finances 2009 a prévu de consacrer une enveloppe de 34,625 milliards de dirhams pour la défense nationale, soit 16% du budget de l'État.

  • Budget 2009 : Premières indiscrétions

    Serrer la ceinture en 2009 ! C'est en substance le mot d'ordre lancé par le Premier ministre, Abbas El Fassi, à son équipe. Les ministres sont invités à remettre leurs propositions sur le budget 2009 avant le 22 août et à veiller aux équilibres macroéconomiques.

  • Abbas El Fassi demande une rallonge budgétaire de 14 MMDH

    Par décret, le Premier ministre Abbas El Fassi vient de demander une rallonge budgétaire de 14 milliards de dirhams qui sera consacrée au soutien des prix à la consommation.

  • Transfert des MRE : 15% de baisse au premier trimestre

    Les transferts des Marocains résidant à l'étranger (MRE) devraient connaitre une baisse de 15% en 2009 par rapport à 2008, a indiqué le ministre de l'économie et des finances, Salaheddine Mezouar.