Le Maroc vend mieux ses produits alimentaires à l’étranger, tout en payant un peu moins ceux qu’il importe

- 23h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

Les marchandises alimentaires exportées par le Maroc sont mieux valorisées que l’année dernière. Au deuxième trimestre 2026, leur valeur moyenne par unité a progressé de 16,2 %. Dans le même temps, celle des produits alimentaires achetés à l’étranger a légèrement diminué.

Ce contraste apparaît dans les indices du commerce extérieur publiés ce lundi 5 octobre par le Haut-Commissariat au Plan. La catégorie « alimentation, boissons et tabacs » affiche une hausse de 16,2 % des valeurs unitaires à l’exportation, contre une baisse de 0,6 % à l’importation, par rapport au printemps 2025.

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L’indicateur rapporte la valeur des échanges aux quantités correspondantes. Il permet ainsi de distinguer une meilleure valorisation des marchandises d’une simple augmentation des volumes vendus. Sa progression peut refléter des prix plus élevés, mais aussi une évolution de la composition des cargaisons, avec davantage de produits mieux rémunérés.

Sur l’alimentation, les deux mouvements vont donc dans des directions opposées : les unités exportées prennent de la valeur, tandis que celles importées coûtent légèrement moins cher en moyenne. Les paniers de produits achetés et vendus restent toutefois différents.

Cette progression alimentaire dépasse celle de l’ensemble des exportations marocaines, dont les valeurs unitaires augmentent de 10,9 %. Elle reste en dessous des demi-produits, en hausse de 23,4 %, mais nettement au-dessus des produits finis de consommation, à 3,6 %.

Mieux vendre ne garantit pas de meilleures marges

Du côté des achats, les approvisionnements énergétiques se renchérissent fortement : leurs valeurs unitaires bondissent de 53,1 %. Le tableau décrit ainsi des exportations mieux valorisées dans plusieurs catégories, face à une pression accrue sur certains produits importés.

Les professionnels de l’avocat connaissent précisément la différence entre valeur commerciale et rentabilité. Lors de la conférence organisée à Tanger fin septembre, un producteur-exportateur décrivait des marges devenues minimes. Les avances aux producteurs, les exigences de qualité et les réclamations des distributeurs peuvent absorber une partie des recettes.

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La filière oléicole illustre, elle, l’augmentation des débouchés. Selon les données douanières espagnoles reprises par El Debate, l’Espagne a acheté 22 652 tonnes d’huile d’olive marocaine entre janvier et juillet 2026, contre 397 tonnes sur la même période de 2025.

Ces achats ont suscité les protestations d’oléiculteurs espagnols, qui accusent les industriels de privilégier les approvisionnements étrangers pour faire pression sur leurs prix. Les volumes marocains restent inférieurs à ceux de la Tunisie, qui a fourni environ 70 100 tonnes à l’Espagne durant ces sept mois.

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