Le Maroc veut mieux servir les MRE, son administration est accusée de faire l’inverse

- 22h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le Maroc prépare une réforme de sa politique envers les MRE. Mais au sein même de l’administration chargée de ce dossier, un syndicat dénonce un recul des programmes sociaux, culturels et éducatifs, ainsi qu’une gestion interne qui aurait fini par affaiblir le secteur.

Le constat est dressé par le Syndicat national du secteur des Marocains résidant à l’étranger, affilié à l’Union marocaine du travail (UMT). Dans un communiqué, l’organisation estime que plusieurs missions et programmes destinés aux Marocains du monde ont perdu du terrain, malgré l’importance stratégique accordée au dossier des MRE.

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Le syndicat met directement en cause la gestion interne du département. Il dénonce notamment des différences dans l’attribution des responsabilités et des missions, mais aussi dans l’accès aux indemnités et aux avantages. Certaines compétences auraient été marginalisées ou écartées, alimentant, selon lui, un climat de tension et une perte de confiance au sein de l’administration.

Des années de gestion à réexaminer

Les critiques remontent loin. Le communiqué évoque des pratiques qui se seraient installées depuis l’arrivée du premier responsable administratif du secteur en septembre 2014. Le syndicat réclame désormais une évaluation institutionnelle complète des dernières années, couvrant aussi bien les programmes destinés aux MRE que la gestion des ressources humaines, les indemnités et les avantages accordés aux fonctionnaires.

Il formule une accusation encore plus lourde concernant certaines indemnités dues aux employés. Celles-ci auraient, selon le syndicat, été utilisées comme moyen de pression ou de « chantage ». L’organisation demande l’arrêt de ces pratiques et réclame des critères transparents pour l’attribution des postes et responsabilités.

La contestation intervient à un moment particulier. Le secteur doit précisément participer à une réforme institutionnelle destinée à revoir la manière dont le Maroc organise son action envers ses ressortissants établis à l’étranger. Pour le syndicat, cette transformation ne pourra réussir sans d’abord revoir profondément le fonctionnement de l’administration et restaurer ses programmes.

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Le paradoxe est donc embarrassant : au moment où le Maroc cherche à renforcer le lien avec ses millions de ressortissants établis à l’étranger, ceux qui travaillent au cœur du dispositif décrivent une administration dont certaines missions auraient au contraire reculé. Avant de construire une nouvelle architecture pour les MRE, le syndicat demande désormais de faire le bilan de celle qui existe déjà.