Le Maroc aide les transporteurs pour le carburant… puis le fisc leur tombe dessus
Des transporteurs de Souss-Massa dénoncent une situation paradoxale : alors que l’État les aide à absorber une partie du coût du carburant, des contrôles fiscaux leur imposeraient désormais des redressements susceptibles, selon leur syndicat, de pousser certaines entreprises à la faillite.
La branche régionale du Syndicat national du transport international et national, affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT), a adressé quatre courriers urgents au wali de Souss-Massa, aux responsables régionaux et nationaux des impôts ainsi qu’au ministre du Transport. Elle alerte sur un risque d’effondrement d’entreprises du secteur et, derrière elles, sur des milliers de familles qui dépendent de leur activité.
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Les transporteurs décrivent un secteur déjà pris en étau. Leurs coûts d’exploitation auraient fortement augmenté, tandis que les prix du transport restent sous pression depuis plusieurs années en raison d’une concurrence excessive. À cela s’ajoute, dans la région, un recul de la demande pour le transport des produits agricoles destinés à l’exportation.
« Aidés » puis rattrapés par le fisc
C’est dans ce contexte que le syndicat pointe ce qu’il considère comme une contradiction : les entreprises reçoivent un soutien public destiné à amortir seulement une partie de la hausse des carburants, mais font parallèlement l’objet de contrôles et de révisions fiscales accompagnés, selon lui, de pénalités particulièrement lourdes.
Certaines petites entreprises se retrouveraient ainsi face à des sommes dépassant largement leurs capacités financières. Le syndicat va jusqu’à parler d’« exécution économique », estimant que ces redressements assèchent la trésorerie d’entreprises déjà fragilisées et peuvent provoquer leur disparition.
Il réclame désormais la suspension immédiate des révisions et contrôles fiscaux en cours, l’ouverture d’un dialogue avec les professionnels et une adaptation des critères de calcul de l’impôt aux spécificités du transport routier. Il demande également l’annulation des pénalités et majorations issues des contrôles contestés.
L’avertissement dépasse enfin le seul sort des transporteurs. Souss-Massa constitue un important bassin agricole tourné vers l’exportation et dépend du transport routier pour acheminer ses marchandises. Selon le syndicat, la fermeture de plusieurs entreprises pourrait donc finir par perturber cette chaîne logistique et peser sur les exportations agricoles de la région.
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Pour les professionnels, le problème est désormais simple : l’aide accordée pour maintenir les camions en activité risque de perdre son effet si, dans le même temps, les redressements fiscaux absorbent la trésorerie des entreprises qu’elle était censée soulager.