Le nouveau système européen (EES) met le feu aux poudres chez les transporteurs marocains

- 20h00 - Maroc - Ecrit par : Jalil Laamoudi

Face à la complexité des nouvelles règles frontalières européennes, les transporteurs routiers internationaux marocains annoncent une grève de vingt-quatre heures le 5 mai. Ce mouvement de protestation ciblera particulièrement les flux névralgiques du port de Tanger Med.

Les professionnels du transport international de marchandises haussent le ton. Réunis le 27 avril, ils ont pointé du doigt les contraintes grandissantes liées à l’instauration du système d’entrée et de sortie (EES) aux frontières de l’Europe. Bien que deux réunions aient déjà eu lieu avec le gouvernement, le président de l’Association marocaine des transporteurs routiers internationaux (AMTRI Maroc), Amer Zeghinou, estime que les avancées demeurent largement insuffisantes. Selon le média Médias24, le ministère du Transport n’a d’ailleurs pas encore réagi publiquement à cette annonce. Le dialogue engagé est jugé très en deçà des attentes d’un secteur fragilisé par ces nouvelles directives.

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Pour faire entendre leur mécontentement sans paralyser l’économie nationale, les chauffeurs ont opté pour un débrayage ciblé. À partir du mardi 5 mai à 8 heures, l’action se concentrera exclusivement sur le complexe portuaire de Tanger Med. L’objectif de la profession est d’envoyer un avertissement fort aux autorités tout en préservant le marché interne. « Nous ne voulons pas impacter les citoyens ni perturber l’approvisionnement des supermarchés ou l’activité des usines », insiste Amer Zeghinou, confirmant qu’aucune zone industrielle ou zone franche ne subira de blocage.

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Néanmoins, cette journée d’action paralysera totalement le commerce extérieur. En temps normal, près de 2 500 camions transitent quotidiennement par cette infrastructure portuaire majeure. Cet arrêt des importations et des exportations engendrera de lourdes pertes financières pour l’ensemble de la chaîne logistique, contraignant notamment les compagnies maritimes à effectuer des rotations à vide depuis Algésiras. Cette mobilisation est présentée comme un premier signal d’alarme. L’organisation syndicale, qui prévoit des évaluations hebdomadaires, prévient que « d’autres actions, potentiellement plus longues et plus étendues, pourraient suivre en l’absence de réponses concrètes ».