Au Maroc, le cash commence à coûter cher aux entreprises
Le fisc marocain serre l’étau sur les paiements en espèces. Des entreprises ont vu leurs déclarations comptables contestées après des règlements en cash dépassant les plafonds autorisés. Une pratique longtemps banalisée, mais qui devient désormais un véritable risque fiscal.
Au Maroc, payer en cash n’est plus seulement une habitude commerciale. Pour les entreprises, cela peut désormais coûter cher. Des services de contrôle relevant de directions régionales et provinciales des impôts ont rejeté des déclarations comptables déposées par plusieurs sociétés, après avoir relevé des paiements en espèces supérieurs aux seuils autorisés.
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Selon Hespress, les contrôles ont porté sur un premier échantillon de 185 entreprises, principalement situées à Casablanca, Rabat et Tanger. Les inspecteurs ont repéré des factures réglées en espèces au-delà de 5 000 dirhams TTC par fournisseur et par jour, ainsi que du plafond mensuel de 50 000 dirhams.
Ces dépassements ne sont pas sans conséquence. Les dépenses concernées peuvent être écartées des charges déductibles. Les entreprises perdent aussi le droit de récupérer la TVA liée à ces opérations et voient leur droit à déduction au titre de l’impôt sur les sociétés remis en cause.
Les contrôleurs fiscaux auraient également repéré des tentatives de contournement. Certaines sociétés auraient fractionné les factures pour rester sous le seuil légal. Mais les recoupements ont montré que les paiements concernaient les mêmes fournisseurs sur des périodes rapprochées, ce qui a été interprété comme une manœuvre destinée à contourner la loi.
Le cash n’est plus une facilité
Pour l’administration fiscale, le message est clair : le paiement en espèces ne doit plus servir à masquer des charges, à gonfler des frais ou à organiser des circuits financiers difficiles à tracer. Selon les mêmes sources, le recours au cash aurait augmenté le coût réel de certaines transactions d’environ 30 %.
Les contrôles ont aussi mis en évidence des retraits importants en espèces, réalisés en plusieurs étapes après dépôt de chèques barrés et non endossables au nom des sociétés concernées. Ces opérations ont attiré l’attention des inspecteurs, qui cherchent à vérifier si elles ont servi à échapper à des obligations fiscales.
Le Code général des impôts limite strictement la déduction des dépenses réglées en espèces. Les achats, prestations ou frais professionnels doivent être justifiés par des factures régulières et réglés par des moyens traçables pour produire pleinement leurs effets fiscaux.
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Les entreprises concernées s’exposent désormais à des redressements et à de lourdes pénalités. Le fisc pousse clairement vers des moyens de paiement vérifiables, comme les virements bancaires, les chèques barrés ou les effets de commerce. Au Maroc, le cash n’est plus une simple facilité : il devient un risque fiscal.