Maroc : Leur villa vaut soudain trois fois plus, les promoteurs veulent les pousser à vendre
À Casablanca, certains changements de zonage font bondir la valeur foncière des villas, parfois jusqu’à la tripler. Des promoteurs réclament une taxe annuelle pour inciter les propriétaires à vendre ou à reconstruire.
Lorsqu’un quartier réservé aux villas est reclassé pour autoriser des immeubles de quatre étages ou davantage, le terrain acquiert immédiatement un potentiel de construction beaucoup plus important.
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Dans certains secteurs recherchés des grandes métropoles, sa valeur peut alors dépasser 20 000 dirhams le mètre carré. Le propriétaire bénéficie ainsi d’une forte plus-value latente, même s’il continue d’occuper normalement son habitation.
Certains choisissent de conserver leur villa en attendant une nouvelle hausse des prix. Pour les promoteurs, cette stratégie immobilise des parcelles devenues constructibles dans des villes confrontées à une pénurie de foncier.
Selon Assabah, des professionnels de l’immobilier discutent de manière informelle avec des responsables du ministère de l’Économie et des Finances de la création d’une redevance annuelle visant ces biens.
Une taxe pour débloquer les terrains
Le dispositif s’inspirerait de la taxe sur les terrains urbains non bâtis. Il concernerait les villas situées dans des zones désormais ouvertes à la construction d’immeubles, lorsque leurs propriétaires n’engagent ni vente ni transformation.
L’objectif serait de rendre plus coûteuse la conservation prolongée de ces biens afin d’encourager leur remise sur le marché. Les discussions portent encore sur le calcul de la taxe, son recouvrement et l’administration chargée de la percevoir.
Aucune mesure n’a été adoptée. Actuellement, la plus-value créée par le nouveau zonage ne fait l’objet d’aucune imposition spécifique tant que le propriétaire ne vend pas son bien. Celui-ci n’est pas non plus obligé de démolir sa villa pour exploiter les nouvelles possibilités de construction.
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Le projet ouvre donc un conflit sensible entre le droit des propriétaires à conserver leur habitation et la volonté des promoteurs de libérer des terrains devenus très rentables après leur changement de zonage.