Le Maroc visait 500 entreprises à Casablanca en 2025 : il lui en manque encore 200
Casablanca Finance City devait accueillir 500 entreprises à l’horizon 2025. Un an après cette échéance, la place financière marocaine n’en compte qu’environ 300. Ses dirigeants se donnent désormais jusqu’en 2030 pour atteindre cet objectif.
Cinq cents entreprises à Casablanca en 2025 : c’était l’ambition affichée par le Maroc pour faire de sa capitale économique un centre financier de premier plan en Afrique. Mais le calendrier n’a pas été tenu. Avec quelque 300 entreprises membres aujourd’hui, Casablanca Finance City (CFC) doit encore en attirer 200 pour atteindre son objectif. Dans un entretien accordé mardi à Asharq Bloomberg, Lamia Merzouki, directrice générale adjointe de CFC, fixe désormais l’échéance à 2030.
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Le retard ne date pas d’hier. En 2019, Casablanca Finance City avait franchi le cap des 200 entreprises. Deux ans plus tard, son directeur général, Saïd Ibrahimi, reconnaissait que la crise sanitaire avait rendu irréaliste l’objectif des 500 membres en 2025. La pandémie avait freiné les implantations internationales, auxquelles s’étaient ajoutées les difficultés liées à la réforme du régime fiscal de la place financière.
En octobre 2025, Casablanca Finance City revendiquait 226 entreprises. Un an plus tard, elle approche les 300, selon les nouveaux chiffres communiqués à Londres. Pour tenir son prochain rendez-vous, il lui faudra donc accueillir environ 50 entreprises supplémentaires par an jusqu’en 2030. Une cadence que CFC avait déjà réussi à approcher avant la crise sanitaire, mais qu’elle devra désormais maintenir plusieurs années de suite.
9 500 emplois et plus de 20 milliards de dollars de projets africains
Ce décalage avec les ambitions initiales n’empêche pas la place financière de développer ses activités. Les entreprises membres emploient aujourd’hui environ 9 500 personnes et représentent 67 nationalités. Parmi les 300 sociétés présentes, une cinquantaine sont africaines. Les autres comprennent notamment des groupes européens, américains, asiatiques et moyen-orientaux.
Lamia Merzouki avance un autre chiffre : plus de 20 milliards de dollars de projets en Afrique sont gérés par des équipes travaillant au sein de CFC. Les entreprises membres réalisent également plus de 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires, dont 56 % à l’international. Une part importante de ces revenus provient de leurs activités sur le continent africain.
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Pour attirer de nouveaux investisseurs, Casablanca mise sur les sièges régionaux des multinationales, qui représentent environ 40 % des membres. L’américain Cisco et le chinois China UnionPay figurent parmi les entreprises récemment accueillies. Le dispositif repose sur des avantages fiscaux, un accompagnement administratif et la possibilité de piloter depuis le Maroc des activités réparties dans plusieurs pays africains.
CFC revendique désormais la 38e place mondiale et la première place africaine parmi les centres financiers internationaux. Sa direction affirme que les entreprises installées à Casablanca opèrent dans 50 pays du continent. À Londres, Lamia Merzouki a également évoqué un nombre important de sociétés candidates à l’adhésion, sans préciser combien pourraient effectivement rejoindre la place financière dans les prochains mois.