Le Maroc construit des gratte-ciel et des stades, un ingénieur demande davantage pour les écoles et les hôpitaux
Au milieu des tours de Casablanca Finance City, un ingénieur attire l’attention de Reuters sur les priorités du Maroc. Les investissements progressent, mais Anass Sayad voudrait voir davantage d’efforts pour les écoles et les hôpitaux. Son témoignage figure dans une enquête internationale publiée le 23 octobre.
Il se promène avec sa famille à Casablanca Finance City. Devant les gratte-ciel du quartier d’affaires, Anass Sayad, ingénieur en génie civil, évoque aussi les stades construits dans le Royaume. Pour lui, ce paysage spectaculaire raconte une partie seulement de la transformation du pays.
« Le Maroc se développe à deux vitesses », confie-t-il à Reuters. L’ingénieur souhaite que l’éducation et la santé reçoivent davantage d’attention. Ces mots, recueillis au cœur du quartier d’affaires casablancais, constituent le passage marocain le plus frappant de l’enquête internationale de l’agence.
Publié vendredi 23 octobre, le reportage explore plusieurs économies émergentes où le retour des investisseurs cohabite avec les difficultés quotidiennes des habitants. Reuters recueille aussi des témoignages en Argentine et au Sri Lanka, deux pays confrontés à leurs propres tensions sociales.
Les capitaux affluent, les attentes restent fortes
Les chiffres marocains donnent toute leur portée au témoignage. D’après l’Office des Changes, les flux nets d’investissements directs étrangers ont atteint 28,4 milliards de dirhams en 2025, contre 16,3 milliards en 2024. La progression s’élève à 74,3 % en un an.
À Casablanca, les nouvelles tours matérialisent cette dynamique. À l’échelle du Royaume, les chantiers d’infrastructures accompagnent notamment les préparatifs du Mondial 2030. Le contraste avec les difficultés d’emploi des jeunes avait déjà été relevé par le Financial Times.
Reuters rappelle les manifestations de jeunes et leurs revendications sur les services publics. Bank Al-Maghrib a également observé un décalage entre les performances économiques du Maroc et leur perception par les citoyens. Les investisseurs voient les chiffres progresser ; des habitants attendent des améliorations plus tangibles.
Le gouvernement a augmenté les moyens destinés à la santé et à l’éducation dans son budget 2026. Ce sont précisément les deux priorités qu’Anass Sayad désigne en regardant les gratte-ciel.