3,3 milliards de dollars au Maroc, 1,5 milliard en Algérie : le fossé des investissements étrangers

- 06h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

En 2025, le Maroc a attiré plus de deux fois plus d’investissements directs étrangers que l’Algérie. Les flux d’investissements entrants ont atteint environ 3,3 milliards de dollars au Maroc, contre environ 1,5 milliard en Algérie, selon les données de la CNUCED.

Le constat apparaît dans le World Investment Report 2026 de la CNUCED. L’organisation des Nations unies compare chaque année les flux d’investissements directs étrangers (IDE), c’est-à-dire les capitaux engagés par des entreprises étrangères dans une activité économique durable.

Le Maroc attire des investissements industriels

La différence entre les deux pays ne tient pas seulement au montant des capitaux reçus, mais aussi à leur orientation.

Au Maroc, une partie importante des investissements étrangers accompagne le développement de secteurs tournés vers l’exportation : automobile, aéronautique, infrastructures, énergies renouvelables ou encore chaînes industrielles liées aux nouveaux marchés.

La CNUCED cite notamment le développement de la plateforme industrielle de Tanger Med et plusieurs grands projets liés à la filière automobile et aux batteries électriques parmi les éléments renforçant l’attractivité du Royaume.

Deux trajectoires économiques différentes

En Algérie, les investissements étrangers restent davantage concentrés autour des secteurs traditionnels, notamment les hydrocarbures, qui occupent une place centrale dans l’économie du pays.

L’écart observé en 2025 reflète donc deux modèles d’attractivité différents : le Maroc cherche à attirer des entreprises intégrées dans les chaînes industrielles mondiales, tandis que l’Algérie reste fortement liée aux secteurs historiques de son économie.

Le stock cumulé d’investissements étrangers illustre également cette différence. Selon la CNUCED, le stock d’IDE au Maroc atteint environ 80,8 milliards de dollars en 2025, confirmant la progression du pays comme plateforme industrielle et logistique régionale.

En 2025, les investisseurs étrangers ont donc injecté plus de deux fois plus de capitaux au Maroc qu’en Algérie. Au-delà du montant, la différence raconte surtout deux stratégies : attirer des industries exportatrices pour le Maroc, conserver un modèle davantage centré sur les ressources naturelles pour l’Algérie.