Stades, autoroutes, usines… mais toujours 37 % de chômage chez les jeunes au Maroc
Le Maroc multiplie autoroutes, stades, usines et grands projets à l’approche de 2030. Mais derrière cette transformation spectaculaire demeure un problème plus difficile à résoudre : une partie de la jeunesse ne voit pas encore cette modernisation se traduire par suffisamment d’emplois.
C’est le paradoxe relevé par le Financial Times après les arrivées massives de jeunes Marocains à Sebta. Le quotidien britannique oppose les investissements qui transforment le royaume à la situation de nombreux jeunes confrontés au chômage ou à des revenus insuffisants.
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Le contraste est frappant. Le Maroc développe ses industries automobile et aéronautique, investit dans les phosphates, le rail, les routes et les infrastructures du Mondial 2030. Mais selon le FT, l’investissement public représente environ les deux tiers de l’investissement total, tandis que nombre de ces grands projets, très capitalistiques, ne créent pas autant d’emplois que leur ampleur pourrait le laisser penser.
37 % de chômage chez les jeunes
Les chiffres résument le problème : le chômage tourne autour de 13 % au Maroc et dépasse 37 % chez les jeunes. Le journal raconte notamment les difficultés de diplômés confrontés à de faibles salaires et de jeunes qui enchaînent les petits emplois sans parvenir à construire une situation stable.
Cette fracture aide aussi à comprendre pourquoi certains continuent de regarder vers l’Europe. Le Financial Times cite notamment un jeune métallier et footballeur qui a tenté à plusieurs reprises de rejoindre l’Espagne. Les événements de Sebta ont brutalement rendu ce malaise visible.
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Pour les économistes interrogés, le défi n’est donc plus seulement d’investir davantage, mais de développer un secteur privé capable de créer massivement des emplois de qualité. Le Maroc réussit à transformer ses infrastructures et son appareil industriel ; il lui reste à faire en sorte que cette transformation soit aussi ressentie par ceux qui cherchent leur place sur le marché du travail.