Il gagnait 8 000 dirhams au Maroc, il finit dans une ruelle à Sebta
Hamza avait un emploi et un salaire enviable pour beaucoup de jeunes Marocains. Quelques vidéos aperçues sur TikTok et Instagram l’ont pourtant convaincu de tout abandonner pour Sebta. Deux jours plus tard, il dormait caché dans une ruelle.
À 25 ans, Hamza El Yemen travaillait comme commercial dans la vente de bouteilles à Casablanca. Il gagnait 8 000 dirhams par mois, un revenu confortable au regard des salaires pratiqués au Maroc.
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Il n’était donc ni chômeur ni sans ressources. Il vivait encore chez ses parents, avec ses frères et sœurs, mais disposait d’une situation professionnelle que beaucoup de jeunes de son âge peinent à atteindre.
Cela n’a pas suffi à le retenir.
Jeudi 30 juillet, Hamza découvre sur Instagram et TikTok des vidéos montrant des Marocains entrant massivement à Sebta. Certains affirment que « la porte est ouverte ». Il y voit immédiatement « la chance de sa vie ».
Avec plusieurs amis, il prend la route de Fnideq. Le groupe dépense 1 450 dirhams pour un trajet en voiture avec chauffeur depuis Casablanca et tente d’éviter les contrôles de police. Hamza laisse derrière lui son travail, son salaire et sa famille sans savoir ce qui l’attend réellement de l’autre côté, raconte Le Monde.
De 8 000 dirhams à une ruelle
À Sebta, il ne trouve ni emploi, ni logement, ni passage vers la péninsule espagnole. Pendant deux nuits, il dort dans le recoin d’une ruelle afin de ne pas attirer l’attention.
Le contraste est brutal. Quelques heures auparavant, il percevait chaque mois 8 000 dirhams. Le voilà désormais sans toit, presque sans nourriture et incapable de poursuivre sa route vers l’Europe.
Hamza explique que son salaire ne lui permettait pas, selon lui, de louer un appartement et de quitter le domicile familial. Il dit aimer le Maroc, mais ne plus parvenir à s’y projeter. « On nous a dit de faire des études, mais on reste bloqués », confie-t-il.
Son cas dépasse celui d’un jeune attiré par une rumeur sur les réseaux sociaux. Il révèle un malaise plus profond : l’envie de partir ne touche plus seulement ceux qui n’ont ni travail ni revenu. Elle atteint aussi des jeunes qui gagnent correctement leur vie, mais ne voient plus ce que cet effort peut leur offrir.
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Hamza a abandonné en quelques heures ce que beaucoup mettent des années à obtenir. Non pas pour un contrat en Europe ou une promesse concrète, mais pour une porte qu’il croyait ouverte. À Sebta, il n’a trouvé qu’une ruelle où dormir.