Le chômage baisse au Maroc, mais un autre chiffre atteint 18,9 %
Le taux de chômage strict est tombé à 9,5 % au Maroc. Cette amélioration ne résume cependant pas toute la situation : un nouvel indicateur intégrant les chômeurs, les personnes sous-employées et la main-d’œuvre potentielle atteint encore 18,9 %.
Le marché du travail marocain s’est amélioré au deuxième trimestre 2026. Le nombre de chômeurs au sens strict a diminué de 132 000 en trois mois pour s’établir à 1,121 million de personnes.
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Le taux de chômage strict est ainsi passé de 10,8 % au premier trimestre à 9,5 % au deuxième trimestre. Il atteint 11,9 % dans les villes, contre 5,4 % dans les campagnes.
Selon la nouvelle enquête du Haut-Commissariat au Plan, le pays comptait également 10,643 millions de personnes occupant un emploi contre un revenu, soit 279 000 personnes en emploi supplémentaires par rapport au trimestre précédent.
Mais le HCP ne mesure plus seulement le chômage. Sa nouvelle enquête introduit plusieurs indicateurs destinés à mieux identifier les personnes dont le besoin de travail reste totalement ou partiellement insatisfait.
Un indicateur plus large que le chômage
Le taux de 9,5 % ne concerne que les personnes sans emploi, disponibles et ayant activement recherché un travail. Les personnes souhaitant travailler mais ne remplissant pas toutes ces conditions ne sont pas comptées parmi les chômeurs stricts.
Le HCP calcule donc désormais un taux composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre. Celui-ci regroupe le chômage strict, le sous-emploi lié à une durée de travail insuffisante et la main-d’œuvre potentielle.
Cet indicateur atteint 18,9 % au niveau national. Il s’élève à 21 % dans les villes et à 15,2 % dans les zones rurales.
Ces deux taux ne portent pas exactement sur le même périmètre statistique. Le taux composite élargit la population prise en compte aux personnes sous-employées et à celles qui souhaitent travailler sans être classées parmi les chômeurs stricts. Il ne correspond donc pas à une simple addition de catégories au taux de 9,5 %.
Le Maroc compte notamment 527 000 personnes qui travaillent moins longtemps qu’elles ne le souhaiteraient. À celles-ci s’ajoutent 711 000 personnes appartenant à la main-d’œuvre potentielle, c’est-à-dire intéressées par un emploi, mais momentanément indisponibles ou ne recherchant pas activement du travail.
La situation reste particulièrement difficile pour les jeunes. Chez les 15-24 ans, le taux composite de sous-utilisation atteint 41,7 %, alors que leur taux de chômage strict s’établit à 27,2 %.
Les femmes sont également davantage exposées. Leur taux de sous-utilisation atteint 26,7 %, contre 16,6 % chez les hommes.
Les deux indicateurs évoluent néanmoins dans la bonne direction. Le taux composite est passé de 22,5 % à 18,9 % entre les deux premiers trimestres de l’année, soit une baisse de 3,6 points.
Le chiffre de 18,9 % complète ainsi celui du chômage strict. Il révèle qu’au-delà des personnes officiellement classées comme chômeuses, une part beaucoup plus importante de la population manque encore totalement ou partiellement de travail.
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Le HCP précise enfin que les résultats de cette nouvelle enquête ne doivent pas être comparés directement avec les anciens taux de chômage, calculés selon une méthodologie différente.